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LA BELLE AU BOIS DORMANT
Il était une fois un roi et une reine qui étaient si heureux de fêter le
baptême de leur petite princesse qu'ils invitèrent les sept fées du
pays pour que chacune puisse lui faire un don magique. Elle
aurait ainsi toutes les qualités.
Au banquet qui suivit chaque fée reçut un cadeau : de magnifiques
couverts en or massif, dans un étui d'or incrusté de pierres
précieuses. Mais il arriva une vieille fée qu'on n'avait pas invitée,
parce qu'on l'avait crue morte. Il fut impossible de se procurer un
huitième étui d'or. Elle réagit violemment, vexée, car elle n'avait
pas reçu un aussi beau cadeau que les autres.
Les fées commencèrent à faire leurs dons magiques à la
princesse. La plus jeune fée lui donna la beauté, la deuxième fée
l'esprit, la troisième la grâce, la quatrième le don de la danse, la
suivante celui du chant, la sixième le don de la musique. Le tour
de la vieille fée arriva. Elle dit : " La jeune princesse se percera
la main d'un fuseau et elle en mourra ! " Toute l'assemblée se
mit à frémir. Mais la septième fée que s'était tenue à l'écart par
méfiance, et qui n'avait pas encore exprimé son don, déclara :
" Je ne peux défaire entièrement ce qui a été fait, la princesse
se percera la main d'un fuseau, mais au lieu de mourir, elle
tombera dans un sommeil qui durera cent ans, au bout desquels
le fils d'un roi viendra la réveiller. "
Le roi, pour éviter le malheur prédit par la méchante fée, fit
interdire, sous peine de mort, l'usage et la possession des
fuseaux. Dans tout le royaume, on brûla tout ce qui servait à
filer à la quenouille. La princesse avait quinze ou seize ans,
quand un jour, montant de chambre en chambre dans l'immense
château, elle se retrouva en haut d'un donjon face à la vieille
femme qui filait sa quenouille. La bonne vieille n'avait jamais
entendu parler de l'interdiction. La jeune fille n'avait vu comment
on filait la laine. Serait-elle suffisamment adroite pour filer ?
Oh ! Ce serait tellement amusant d'essayer.
La princesse veut juste faire un essai. Elle file, se pique la main
avec le fuseau, et tombe évanouie. La bonne vieille crie au
secours, tous les gens de la cour se précipitent, on la frappe
doucement, on la masse, la frotte avec des herbes, rien n'y
fait, elle reste sans connaissance. Le roi accourt et se souvient
de la prédiction des fées. Il fait placer la princesse dans le plus
bel appartement, sur un lit recouvert de broderies d'or et d'argent,
lui fait mettre ses plus beaux habits ; il ordonne qu'on la laisse
dormir. On voit qu'elle n'est pas morte, elle respire doucement.
Elle a la beauté d'un ange.
On fit venir la gentille fée qui lui avait sauvé la vie. Craignant que
la jeune princesse soit bien seule à son réveil, elle touche de sa
baguette magique tout le monde, sauf le roi et la reine, pour
qu'instantanément tous tombent dans un sommeil profond.
Pages, dames de compagnie, serviteurs, cuisiniers qui tournaient
la broche, seigneurs, laquais et musiciens gisent recroquevillés,
assis ou allongés un peu partout, un sourire bienveillant aux lèvres.
Le roi et la reine firent un baiser d'adieu à leur fille et dans le quart
d'heure qui suivit, de grandes ronces épineuses, des lianes
entrelacées, des buissons épais, des arbres de toutes tailles se
mirent à croître, rendant impossible l'accès au château.
Au bout de cent ans, un fils de roi partit à la chasse avec ses gens.
Rendu curieux par les tours qui dépassaient d'une forêt
impénétrable, il demanda à qui appartenait un si étrange château.
Personne ne put lui répondre.
L'un lui dit qu'il était certainement habité par des sorcières l'autre
par un ogre malfaisant, quand un très vieil homme qui habitait
ces bois, s'approcha et dit : " J'ai entendu raconter par mon
arrière-grand-père que dans la plus belle chambre de ce château,
dormait une princesse belle comme le jour, qui attendait le baiser
d'un prince pour se réveiller.
" Le fils de roi n'eut plus qu'un désir : y pénétrer.
Mais comment faire pour franchir cette muraille de ronces.
Comme il s'approchait, les ronces, les arbres s'écartèrent
doucement pour le laisser passer, lui et son cheval, se refermant
brutalement sur le reste de son équipage.
Il se retrouva seul, écoutant les meutes de ses chiens prisonniers
derrière la barrière. Un monde silencieux et étrange l'attendait.
Aucune feuille ne bougeait dans les arbres. Partout, aux alentours
du château, des hommes, des femmes, des animaux dormaient.
Après être passé au-dessus des gardes endormis, après avoir
traversé plusieurs salles, il découvrit et s'approcha d'une
princesse qui paraissait avoir quinze ou seize ans. Son
extraordinaire beauté, son éclat resplendissant lui allèrent droit
au cur. Il se pencha vers la princesse endormie et l'embrassa.
Elle s'éveilla aussitôt : " Est-ce vous mon prince ? " lui demanda-
t-elle. La fin de l'enchantement était venu, tout le palais s'était
réveillé. Après le silence mortel, c'était un gentil brouhaha qui
montait des cuisines, du château tout entier. Tout le monde
courait, s'affairait et parlait en même temps. Pour célébrer ce
retour à la vie, les musiciens se mirent à jouer et ce fut une très
grande fête.
BLANCHE-NEIGE
Il était une fois une reine qui se piqua le doigt, et voyant une perle
de sang sur la neige blanche, elle songea qu'elle aimerait avoir
une petite fille avec des lèvres aussi rouges que le sang, la peau
aussi blanche que la neige, les cheveux et les yeux aussi noirs
que l'ébène. Ce qu'elle avait souhaité si fort se réalisa
La petite fille fut appelée Blanche-Neige.
Mais peu de temps après, la gentille reine mourut, et le roi se
remaria avec une femme très belle, extrêmement vaniteuse, qui
à tout moment, se tournait vers son miroir magique et lui
demandait : " Miroir ! Gentil miroir, dis-moi qui est la plus belle ? "
Le miroir qui ne pouvait mentir, lui répondait qu'elle était la plus
belle d'entre toutes. Ceci jusqu'au jour, où il lui répondit que
certes, elle était très belle mais que Blanche-neige était bien plus
belle encore.
Une jalousie, une haine féroce envahit la reine. Elle ordonna à un
chasseur de tuer Blanche-Neige, et de lui rapporter son cur.
Le chasseur qui avait reçu les ordres entraîna l'enfant dans les
bois. Mais là, ému par son innocence et sa beauté, son bras se
figea dans l'air, il n'eut pas la force de la tuer. Il lui dit de s'enfuir
très loin, de courir sans jamais s'arrêter. Il tua alors un chevreuil
et en rapporta le cur à la reine. Celle-ci, ne se doutant de rien,
le mangea en croyant que c'était celui de Blanche- Neige.
Dans la forêt, la pauvre Blanche-Neige s'arrêta de courir à la
nuit tombée. Tremblante de peur, de faim et de froid, elle aperçut
une lumière. C'était une maisonnette. Elle s'approcha, frappa, il
n'y avait personne. Plus morte que vive, elle y pénétra.
A l'intérieur, tout était minuscule, propre et rangé. Il y avait sept
petites chaises, sur la table sept petits couverts et sept petits
gobelets. Elle but dans chacun. Il y avait sept petites assiettes
remplies de nourriture, et elle mangea un peu de chaque. Il y avait
enfin sept petits lits, aux draps blancs, elle s'endormit dans le
dernier.
Les sept nains qui habitaient la maisonnette rentrèrent à la nuit
tombée. Quelle ne fut pas leur surprise, quand ils virent que
quelqu'un avait mangé leur soupe, bu dans leurs gobelets, et que
ce quelqu'un dormait dans leur lit ! Mais ils ne réveillèrent pas
Blanche-Neige.
Le lendemain, elle leur raconta ses mésaventures, ils lui
demandèrent de rester, de les aider à faire la cuisine et le
ménage, ainsi elle serait à l'abri de la méchante reine. Ils
explosèrent de joie quand elle accepta.
Avant de repartir au travail, le lendemain matin, ils lui
recommandèrent de surtout n'ouvrir la porte à personne.
La méchante reine, qui était aussi une sorcière, questionna de
nouveau son miroir. Elle fut très surprise d'entendre celui-ci lui
dire que si elle était belle, Blanche-Neige, qui habitait chez les
sept nains, étaient mille fois plus belle encore.
Elle décida cette fois d'agir elle même. Elle mit du poison dans
une belle pomme rouge et déguisée en marchande, s'approcha
de la maison des sept nains. Blanche-Neige sans se méfier porta
à la bouche le beau fruit rouge que lui tendait la fausse
marchande.
A peine avait-elle avalé la première bouchée qu'elle tomba raide
morte. La sorcière s'enfuit en riant.
Quand les sept nains revinrent du travail, ils trouvèrent Blanche-
Neige inanimée, étendue sur le sol.
Ils firent tout pour la faire revivre, mais elle resta sans vie. Ils
pleurèrent pendant trois jours. Comme elle restait aussi
délicieusement belle, gardant ses couleurs, ils ne purent se
résoudre à l'enterrer. Ils l'allongèrent dans un cercueil de verre,
qu'ils transportèrent sur une colline, à la lumière du soleil. Nuit et
jour, à tour de rôle, un nain veillait sur elle, pendant que les autres
partaient travailler.
Un fils de roi, qui passait par là, vint demander de l'eau. Voyant
Blanche-Neige dans son cercueil transparent, il resta tellement
fasciné par sa beauté qu'il en tomba amoureux. Comme il la
prenait dans ses bras, un morceau de pomme empoisonné
tomba de la bouche de Blanche-Neige. Elle ouvrit les yeux, sans
comprendre où elle se trouvait, mais se sentit vibrer dans son
royaume et les sept nains assistèrent à leur mariage.
BOUCLE D'OR
Il était une fois une petite fille qui avait de longs cheveux blonds,
tout dorés, et qui s'appelait Boucle d'Or. Elle habitait avec sa
maman dans une jolie maison au bord de la forêt. Un jour, elle a dit
à sa maman : Je dois aller me promener, et je te rapporterai de
belles fleurs que je cueillerai spécialement pour toi. Si tu veux,
Boucle d'Or. Mais fais attention, ne va pas loin ! Tu pourrais te
perdre !" Boucle d'Or mit son panier sous son bras et partit. Elle a
commencé à cueillir de belles marguerites. Puis, un peu plus loin,
il y avait des bleuets. Et encore plus loin, des coquelicots !
En courant de fleurs en fleurs, Boucle d'Or a fini par perdre la notion
du temps...Il y avait une grande table avec trois assiettes de soupe
au miel et au riz qui sentait très bon : une grande assiette, une
assiette moyenne et une tout petite assiette.
Et autour de la table, il y avait trois fauteuils qui avaient l'air très
confortables : un grand fauteuil, un moyen fauteuil et un tout petit
fauteuil. Boucle d'Or s'est assise sur le grand fauteuil mais il était
trop dur, elle était mal installée. Elle a essayé le moyen fauteuil,
mais le coussin état trop mou et elle glissait.
Alors elle s'est assise su le tout petit fauteuil, mais elle était trop
lourde, les pieds du fauteuil se sont cassés et elle est tombée par
terre !
Ensuite, elle a voulu goûter la soupe. Elle a pris une cuillère de la
grande assiette de soupe. Et comme elle était très fatiguée, elle a
voulu aller se reposer. Elle est montée dans la chambre où elle a
vu trois lits, un moyen lit et un tout petit lit.
Elle a essayé le grand lit, mais il y faisait trop chaud, elle n'était pas
bien. Elle a essayé le lit moyen mais la couverture la grattait, elle
n'arrivait pas à s'endormir.
Elle s'est alors couchée dans le tout petit lit, et comme elle y était
très bien, elle s'est endormie profondément. Pendant ce temps,
les ours à qui appartenait la maison avaient fini de faire leur
promenade avant le dîner et ils rentraient chez eux. Dès qu'ils
eurent poussé la porte, ils ont senti que quelqu'un était venu et ils
se sont mis à fouiller dans la pièce en reniflant partout.
"On a bougé mon fauteuil, s'exclama Papa Ours de sa grosse voix.
- On a touché à mon coussin, cria Maman Ourse avec sa moyenne
voix.
- Regardez, on a cassé ma chaise", dit Bébé Ours en pleurant
avec sa toute petite voix. Puis, ils se sont approchés de la table.
"On a léché ma cuillère, a grogné Papa Ours avec sa grosse
- On a touché mon assiette, a dit Maman Ourse de sa moyenne voix.
- Regardez, on a mangé toute ma soupe, je n'ai plus de dîner", a dit
Bébé Ours, en pleurant avec sa touts petite voix.
Les ours sont alors montés dans leur chambre. Papa Ours a reniflé
en grognant de sa grosse voix :
"On s'est couché sur mon oreiller !
- Et on a tiré ma couverture, a dit Maman Ourse avec sa moyenne
- Regardez, regardez, il y a une petite fille endormie dans son lit",
a crié Bébé Ours avec sa toute petite voix. Quand Boucle d'Or a
entendu la voix des ours penchés au-dessus d'elle, elle a eu très
très peur.
Vite, vite, elle a sauté du lit, elle a enjambé la fenêtre et s'est enfuie
vers la forêt. et elle est rentrée chez elle en courant sans se
retourner ! Et les ours n'ont plus jamais revu Boucle d'Or dans leur
maison de la forêt.
CENDRILLON
Il était une fois un gentilhomme qui épousa une femme dure et
hautaine. Celle-ci avait deux filles d'un précédent mariage, qui
lui ressemblaient. Le mari, de son côté, avait une fille douce,
d'une très grande bonté. sa nouvelle femme ne put supporter
cette jeune fille ; elle la chargea des plus viles occupations de
la maison. Celle-ci frottait du matin au soir au soir et vivait dans
la misère, n'osant aller se plaindre à son père. Lorsqu'elle avait
fini son travail, elle allait se blottir au coin de la cheminée et
s'asseoir dans les cendres, c'est pourquoi on l'appelait Cendrillon.
Mais même vêtue de haillons, elle était encore cent fois plus belle
que ses surs aux habits magnifiques.
Le fils du roi donna un bal, auquel il pria toutes les personnes de
qualité de venir. Nos deux demoiselles y furent invitées, mais pas
Cendrillon ; pendant qu'elle préparait les toilettes de ses deux
surs, celles-ci lui demandèrent d'un air moqueur si cela lui
plairait d'aller au bal. La pauvre fille avait conscience des pauvres
vêtements rapiécés qu'elle portait, comment aurait-elle pu aller au
bal, habillée ainsi ?
L'heureux jour arriva ; les demoiselles partirent, Cendrillon se
sentit submergée par les larmes. Sa marraine, qui était fée,
arriva par enchantement, et la voyant tout en pleurs, lui dit :
"Si tu veux aller au bal, fais ce que je te dis. Va dans le jardin
et apporte-moi une citrouille ! Ensuite, va chercher une cage à
souris ! " La fée frappe de sa baguette magique la citrouille, qui
se transforme en un magnifique carrosse doré. Six souris sortent
de la souricière et sont transformées en un superbe attelage de
chevaux gris pommelé. Un rat qui passait par là est aussitôt
transformé en cocher moustachu, et les laquais ? Six lézards
cachés derrière l'arrosoir, à peine touchés par la baguette,
montent en habits chamarrés derrière le carrosse.
La fée dit alors à Cendrillon : " Voilà de quoi aller au bal !" Mais
irait-elle avec ces vilains habits ? A peine effleurée par la
baguette de sa marraine, ses haillons se changent en habits d'or
et d'argent ; celle-ci lui donne ensuite les plus jolis souliers de
verre. Parée comme une princesse, Cendrillon pleine joie monte
dans le carrosse, après avoir promis de rentrer du bal avant minuit.
Sa marraine l'avertit qu'au douzième coup de minuit, son carrosse
redeviendra citrouille, les laquais lézards, les chevaux souris, le
cocher rat, ses habits haillons. Arrivée au château, elle fut reçue
comme une princesse. Le prince n'eut d'yeux que pour cette belle
inconnue qui dansait avec tant de grâce ; c'est à peine si, dans la
douleur du moment, Cendrillon entendit sonner
onze heures trois quarts. Aussitôt, elle se dépêcha de rentrer. Elle
remercia sa marraine et lui demanda de retourner au bal, ce
qu'elle fit le lendemain. Elle était encore plus belle, plus éclatante
que la première fois. Le fils du Roi ne cessa de danser avec elle,
et dans son bonheur elle en oublia l'heure.
Entendant le premier coup de minuit, elle s'enfuit aussi légèrement
qu'une biche ; le prince la suivit, mais ne put que ramasser son
soulier de verre qu'elle avait perdu.
Cendrillon était encore dans le grand escalier quand le dernier
coup de minuit sonna ; aussitôt elle se retrouva dans ses vieilles
guenilles. En bas, au lieu d'un carrosse, une citrouille l'attendait.
Elle rentra à pied, mais elle cachait dans la poche de ses vilains
habits l'autre petit soulier de verre. Ses deux surs lui
annoncèrent qu'une belle princesse avait perdu un de ses souliers
au bal. Le fils du Roi l'avait ramassé, et n'avait cessé de le
contempler. Il était assurément fort amoureux de la belle personne.
Peu de jours après, le fils du roi fit annoncer qu'il épousera celle
dont le pied s'ajusterait au soulier.
Toutes les dames de la cour l'essayèrent ; les deux surs
l'essayèrent aussi, mais inutilement. Cendrillon demanda elle
aussi à l'essayer ; ses surs se moquèrent. Le gentilhomme qui
faisait l'essai du soulier, la fit asseoir et constata que son petit
pied rentrait dans le soulier ; l'étonnement des deux surs fut
encore plus grand Cendrillon mit à son autre pied le second soulier.
Elles lui demandèrent pardon. Cendrillon leur pardonna.
On la mena au jeune prince, et peu après il l'épousa.
LE CHAT BOTTE
Il était une fois un meunier qui avait trois fils. Lorsqu'il mourut, il ne
leur laissa pour tout héritage que son moulin, son âne et son chat.
Les partages furent vite faits : l'aîné eut le moulin, le deuxième eut
l'âne et le plus jeune n'eut que le chat.
" C'est trop injuste ! se lamenta celui-ci. Que vais-je devenir avec
ce misérable chat ?
- Ne pleurez pas, mon maître, dit le chat. Vous n'avez qu'à me
confectionner un grand sac et me donner des bottes bien solides.
Et puis, vous verrez. "
Un peu étonné, le jeune homme fit ce qu'il lui demandait. Le chat
enfila ses bottes, noua le sac sur son dos et partit dans la forêt.
Là, il s'étendit sur le sol, fit le mort et attendit. Bientôt un jeune
lapin vint fourrer son nez dans le sac. Crac ! Notre chat en tira
les cordons et emprisonna le lapin. Tout fier de lui, le chat botté
s'en alla chez le roi et demanda à lui parler.
On le fit monter jusqu'à l'appartement de Sa Majesté. Il fit une
grande révérence et dit :
" Sire, voilà un lapin que mon maître, le marquis de Carabas,
m'a chargé de vous offrir de sa part.
- Dis à ton maître que je le remercie, " dit le roi. Une autre fois,
le chat alla se cacher dans un champ et attrapa deux perdrix,
comme il l'avait fait avec le lapin. Il alla à nouveau les présenter
au roi de la part de son maître. Il continua ainsi pendant deux ans
et trois mois, à apporter du gibier au roi, qui en était, à chaque
fois, ravi.
Un jour, le chat botté apprit que le roi irait se promener le
lendemain au bord de la rivière, avec sa fille, la plus jolie
princesse du monde. Il dit à son maître : " Si vous faites ce que
je vous dit, votre fortune est assurée. Vous n'aurez qu'à vous
baigner dans la rivière à l'endroit que je vais vous montrer et
ensuite, me laisser agir ". Le meunier obéit sans savoir ce que
son chat préparait.
Pendant qu'il se baignait, le roi vint à passer. Le chat botté cria
de toutes ses forces : " Au secours ! Au secours ! Monsieur le
marquis de Carabas se noie ! " Le roi se pencha à la portière
de son carrosse. Il reconnut le chat et ordonna à ses gardes
d'aller porter secours au marquis de Carabas. Pendant que
l'on sortait le prétendu marquis de l'eau, le chat botté expliqua
au roi que l'on avait volé les vêtements de son maître alors qu'il
se baignait. Le roi ordonna aussitôt d'aller quérir un habit pour
le marquis.
Vêtu comme un prince, le jeune homme avait fière allure. La
fille du roi qui était aussi dans le carrosse, le trouva fort à son goût.
Le prétendu marquis lui jeta deux ou trois regards tendres et
respectueux et elle en devint folle amoureuse. Le roi pria le
marquis de monter dans son carrosse et de les accompagner
dans leur promenade. Le chat botté courut en avant sur la route
et s'adressant à des paysans qui fauchaient dans un pré, il leur
dit : " Braves gens, si vous ne dites pas au roi que le pré que
vous fauchez appartient au marquis de Carabas, vous serez
hachés menus comme chair à pâté. " Le roi demanda aux
paysans à qui était ce pré qu'ils fauchaient. Ils répondirent tous
en chur qu'il était à Monsieur le marquis de Carabas, car la
menace du chat botté leur avait fait très peur.
" Quel beau champ vous avez là ! dit le roi au faux marquis,
- Il me rapporte beaucoup d'argent chaque année ", répondit
ce dernier.
Notre chat, qui courait toujours en avant du carrosse, rencontra
des moissonneurs.
" Braves gens, si vous ne dites pas que tous ces blés
appartiennent à Monsieur le marquis de Carabas, vous serez
hachés menus comme chair à pâté. "
Le roi arriva un moment après et demanda à qui étaient tous ses
beaux blés. " C'est à Monsieur le marquis de Carabas ! ",
dirent-ils en chur. Le chat, quelques centaines de mètres
devant, disaient toujours la même chose aux paysans qui se
trouvaient sur son passage. Et le roi était stupéfait des grandes
richesses du marquis de Carabas.
Le chat botté arriva enfin dans un beau château dont le
propriétaire était un ogre, le plus riche qui ait jamais existé. Toutes
les terres que le roi avait traversées lui appartenaient en réalité. Le
chat botté demanda à parler à l'ogre, et lui n'avait pas voulu passer
si près de son château sans avoir l'honneur de lui faire la
révérence.
L'ogre le reçut aussi aimablement que le peut un ogre. " On m'a
affirmé, dit le chat botté, que vous aviez le don de vous changer en
toutes sortes d'animaux. Par exemple, en lion ou en éléphant.
- C'est vrai, dit l'ogre. Et il se changea aussitôt en un énorme et
terrible lion. Le chat botté sauta par la fenêtre et courut se réfugier
sur le toit du donjon.
- On m'a assuré aussi, dit le chat après que l'ogre eut reprit sa
forme normale, que vous pouviez prendre l'apparence de tous
petits animaux, d'une souris, par exemple. Mais cela me paraît
impossible...
- Impossible ? dit l'ogre. Vous allez voir ! ". Et il se changea en une
petite souris qui se mit à courir sur le plancher. Le chat botté se
jeta dessus et n'en fit qu'une bouchée. Pendant ce temps-là, le roi
arrivait aux abords du château de l'ogre. Il voulut y pénétrer. Le
chat, entendant le bruit du carrosse, courut à la porte. Que Votre
Majesté soit la bienvenue dans le château de Monsieur le marquis
de Carabas ! dit-il fièrement.
- Comment, Monsieur le marquis, ce château est aussi à vous ?
s'écrie le roi. Je n'en ai jamais vu d'aussi beau dans tout mon
royaume. Entrons un peu, pour le visiter. "
Le meunier marquis donna le bras à la jeune princesse. Ils
suivirent le roi qui entra le premier dans le château. Dans une
grande salle joliment ornée, un somptueux repas les attendait.
C'est l'ogre qui l'avait fait préparer pour des invités. Mais
ceux-ci n'avaient pas osé entrer, voyant que le roi était au
château. Le souverain se mit à table, enchanté, leva son verre
et dit au marquis : " Il ne tient qu'à vous, Monsieur le marquis,
que vous deveniez mon gendre. " Le marquis, avec de grandes
révérences, accepta l'honneur que lui faisait le roi.
Le jour même, il épousa la belle princesse. Devenu grand
seigneur, le chat botté ne courut plus que de temps en temps après
les souris, pour s'amuser.
LE LOUP ET LES SEPT PETITS
CHEVREAUX
Il était une fois, une maman chèvre qui habitait avec ses sept
enfants dans une grande maison près de la forêt. Elle était très
isolée et loin du village. Un jour elle leur dit : "Il n'y a plus beaucoup
de provisions. Il faut que j'aille au village faire des courses. Vous
allez rester bien sagement à la maison et vous n'ouvrirez la porte à
personne jusqu'à mon retour. Attention ! Un très méchant loup
habite la forêt, il ne faut surtout pas le laisser entrer : il vous
dévorerait tous !
- Promis, maman ! Nous serons très sages ", répondirent les petits
chevreaux. Maman chèvre a pris son panier sous sa patte, a fermé
la porte et est partie. Mais le loup qui guettait dans la forêt a vu que
les chevreaux étaient seuls et il s'est dit :
" Mmm, moi qui avais faim, je vais pouvoir faire un bon déjeuner.
Sept petits chevreaux bien gras ! Quel régal ! Il a été frapper à la
porte et il adit avec sa grosse voix : "Je suis votre maman chèvre,
ouvrez-moi vite !"
Mais les petits chevreaux répondirent : "Non, tu n'es pas notre
maman chèvre ! Notre maman chèvre a une voix toute douce !
Et toi tu as une vilaine grosse voix ! Tu es le loup ! Va-t-en !"
Alors le loup alla vite au village, se précipita chez l'épicier et lui
vola un pot de miel. Il avala tout le pot et il revint frapper à la porte
des petits chevreaux. Et avec une voix toute douce, il dit :
"Je suis votre maman chèvre, ouvrez-moi vite !".
Mais il avait posé sa patte contre le carreau de la fenêtre. Et les
petits chevreaux répondirent :
"Non, tu n'es pas notre maman chèvre. Notre maman chèvre a
une jolie patte blanche. Et toi tu as une vilaine patte noire. Tu es
le loup ! Va-t-en ! Mais le loup courut de nouveau au village, il alla
chez le boulanger et il lui vola de la farine. Il couvrit sa patte de
farine et il revint frapper à la porte des petits chevreaux. "Je suis
votre maman chèvre, ouvrez-moi vite !, dit-il. Et comme il avait
une voix toute douce et une patte toute blanche les petits chevreaux
ouvrirent la porte. Lorsqu'ils virent qu'ils avaient ouvert au loup, ils
hurlèrent de peur et ils se dépêchèrent de se cacher dans la
maison : le premier se cacha sous le lit, le second sous la table,
le troisième derrière les rideaux, le quatrième dans la grande
horloge, le cinquième dans la baignoire, le sixième derrière la
porte, le septième sous la commode.
Mais le loup les trouva tous et les dévora tous les uns après les
autres, sauf celui qui était caché dans la grande horloge.
Un peu plus tard, maman chèvre rentra du marché. Et en cria :
"Mais que se passe-t-il ? Petits chevreaux, où êtes-vous ?
Répondez-moi !" Alors le petit chevreau qui était au fond de la
grande horloge sortit de sa cachette et lui raconta tout ce qui
était arrivé.
"Ne t'en fais pas, dit la maman. J'ai aperçu le loup qui dormait près
de la rivière. Nous allons sauver tes frères et tes surs. Va vite me
chercher mes affaires de couture : mes ciseaux, du gros fil et une
aiguille." Le petit chevreau se dépêcha d'obéir. Maman chèvre et
le petit chevreau partirent alors pour le bord de la rivière.
Avec ses grands ciseaux, maman ouvrit le ventre du loup :
cric ! crac ! cric ! Tous les petits chevreaux sortirent un à un, ils
s'ébrouèrent et ils étaient bien content de se retrouver dehors !
Maman chèvre leur dit : "Que chacun d'entre vous m'apporte une
grosse pierre, bien ronde et bien lourde." Tous les petits chevreaux
partirent chercher des pierres et ils les rapportèrent à leur maman.
La maman mit toutes les pierres dans le ventre du loup, puis elle le
recousit avec son gros fil. Le loup dormait si profondément qu'il ne
le sentit même pas ! "Maintenant, mes enfants, nous allons vite
rentrer à la maison avant que le loup se réveille !"
Les petits chevreaux ne se le firent pas dire deux fois, et ils
partirent vite avec leur maman. Un peu plus tard, le loup se réveille.
Il se sentait très lourd... Il se dit :"J'ai vraiment mangé trop de
petits chevreaux pour mon déjeuner ! Je ferais mieux d'aller boire
un peu !
Cela m'aidera à digérer !"
Et le loup se pencha au-dessus de la rivière.
Mais comme les pierres étaient très lourdes, il tomba au fond et
se noya.
Et l'on n'a plus jamais entendu parler de ce méchant loup-là.
LE MONTREUR DE MARIONNETTES
Un jour que moi, Hans Andersen, je voyageais sur un beau voilier,
j'ai rencontré un homme à l'air si joyeux que j'ai tout de suite
pensé : "Voilà, à mon avis, le plus heureux des hommes."
J'engageai la conversation, et je sus que je ne m'étais pas
trompé : "Je suis un homme comblé, me dit-il, et plus encore
depuis que m'est arrivée l'aventure que je vais vous conter.
" Il poursuivit : "J'aime mon métier plus que toute autre chose.
Je vais par les chemins, m'arrête dans chaque ville et chaque
village, et je tire de ce simple coffre que vous voyez là tout ce
qu'il faut pour amuser les petits et les grands.
Vous l'avez deviné : je suis montreur de marionnettes.
Un soir que je donnais une représentation à la poste de la ville de
Slagelse, tous les enfants semblaient bien s'amuser. Mais au bout
d'un moment, l'un des spectateurs attira mon attention. C'était un
jeune homme, portant un habit noir. A chaque fois que mon histoire
devait faire rire, il riait exactement au bon moment, et à gorge
déployée. Cela ma remplissait de joie. Et lorsque j'espérais
simplement un sourire, il souriait de bon cur. Je n'avais jamais
eu un spectateur si attentif et si plaisant. Ce sympathique jeune
homme était, m'apprit-on, un ingénieur qui faisait des conférences
en province. Et justement, ce soir-là, après que les enfants furent
allés se coucher, tout le monde fut invité à venir l'écouter. Je devins
donc à mon tour son spectateur. Je dois l'avouer, nombre de ses
paroles m'entraient dans une oreille pour ressortir par l'autre,
comme on dit, car je ne comprenais pas grand-chose aux secrets
de sa science. Cependant, pour ce que j'en compris, je sus que
cet ingénieur était un homme extraordinaire. Il parlait, en effet,
avec une telle facilité de ses inventions et de ses découvertes
qu'on eut dit que tout cela ne lui avait coûté aucun effort.
A mon avis, si ce jeune homme avait vécu en d'autres temps,
on l'aurait accusé de sorcellerie et brûlé vif sur le bûcher.
Lorsqu'il eut terminé son discours, il m'invita à sa table. Nous
nous entretînmes de divers sujets, parlant aussi bien de sa
science que de mes marionnettes, et à un moment,
je lui dis que je me considérais comme l'une des plus heureuses
personnes qui soient sur terre.
- Ah, vraiment ?, me répondit-il.
- Certainement. je ne désire rien de plus que d'être toujours bien
reçu comme je le suis avec ma petite troupe. "
Puis, en réfléchissant, je me rappelai une envie qui m'avait pris :
"Quoique... Il y a peut-être quelque chose... Voyez-vous, il m'est
arrivé de penser, qu'au lieu de faire un spectacle de marionnettes,
j'aimerais bien diriger des acteurs, des personnages de chair et
de sang... Alors là, je serais sans doute vraiment le plus heureux
des hommes."
Le jeune ingénieur ne croyait pas que cela puisse me rendre plus
heureux, mais moi, je le croyais, et il ne parvint pas à me faire
changer d'avis. Le vin que nous buvions était bon, et...je dois
avouer que je fus vite un peu grisé, au point que j'étais persuadé
que mes vux seraient exaucé. Soudain l'ingénieur me souleva
et me fit tournoyer en l'air à travers une gigantesque spirale avec
mon coffre ; je tournais, et je tombais, et je me retrouvais assis
par terre... Le coffre s'était ouvert, et voilà que mes marionnettes
bondirent hors de celui-ci. A peine avaient-elles sauté à terre
qu'elles se mirent à parler, et lorsqu'elles furent toutes sur le
plancher, il y eut une cacophonie épouvantable, car elles
parlaient toutes en même temps. La danseuse disait :
"Si je ne tenais pas sur une jambe, toute la maison s'écroulerait !
Je suis donc la personne la plus importante et je veux être traitée
comme telle !" Celui qui jouait le facteur disait : "Comme c'est moi
qui apporte les lettres d'amour, tout le monde doit être gentil avec
moi !" Quant à la princesse, elle voulait que tout le décor autour
d'elle soit rouge, parce que, disait-elle, c'était la couleur qui lui
allait le mieux. Le prince quant à lui exigeait de n'avoir à dire que
des répliques de sortie, car c'étaient celles-là qui étaient les plus
applaudies. Les acteurs parlaient de plus en plus fort, ils ne
m'écoutaient pas le moins du monde, et je fus obligé de leur crier :
"Débrouillez-vous ! Après tout, vous n'êtes que des marionnettes !"
Celles-ci se mirent alors dans une colère incroyable et me battirent
à mort. A ce moment je me réveillai en sursaut. Je me trouvais
dans mon lit ; un rayon de soleil m'avait sorti de mon sommeil.
Je vis les marionnettes immobiles, éparpillées sur le sol, dans un
désordre indescriptible. Je me demandai où était passé l'ingénieur,
mais nulle part je ne vis trace de lui. Je me levai, m'emparai des
personnages qui étaient redevenus de bois et de chiffon, et je les
rangeai tous dans la malle. Je refermai le couvercle avec soin,
content que cette soirée effrayante soit terminée, et jamais, plus
jamais, je n'ai eu envie qu'ils deviennent de vrais acteurs.
Aujourd'hui, je continue à parcourir le pays en transportant mes
petits amis. J'ai du succès, je gagne bien ma vie, et mes
marionnettes sont encore plus applaudies que certains grands
acteurs de théâtre ! Maintenant, je suis certain d'être le plus
heureux des hommes. Et si l'on me demande pourquoi, je parle
volontiers de mon aventure, pour le plaisir de raconter une
histoire".
LE PETIT POUCET
Il était une fois un bûcheron et une bûcheronne qui habitaient dans
une toute petite maison au milieu d'une grande forêt. Ils avaient
sept garçons, et leur dernier fils était si petit à la naissance qu'on
l'avait surnommé le Petit Poucet. Ils étaient très pauvres et
n'avaient pas toujours assez à manger. Caché sous la table, il
entendit un soir son père dire à sa mère :
" Nous n'avons plus un seul morceau de pain, et je n'ai pas trouvé
de travail. Nous ne pouvons plus nourrir nos enfants. Demain nous
les emmènerons ramasser du bois dans la forêt et nous les
perdrons. Le Petit Poucet alla vite dehors ramasser des petits
cailloux blancs. Il en remplit ses poches et alla se coucher.
Le lendemain matin la mère réveilla les enfants en leur disant :
" Venez vite nous aider à ramasser du bois dans la forêt. Ils
partirent tous. Le Petit Poucet marchait en dernier, et il semait
ses cailloux, pour être sûr de pouvoir retrouver la route le soir.
Quand ils furent arrivés au milieu de la forêt, le père leur dit :
" Je vais aller couper du bois plus loin avec votre mère. Faites
des fagots avec des brindilles et attendez-nous pour rentrer."
Les enfants ramassèrent beaucoup de bois. Mais à la fin de la
journée, la nuit commençait à tomber et les parents n'étaient
toujours pas là. On entendait le bruit des animaux nocturnes
et les enfants commençaient à avoir peur.
" Nous sommes perdus, crièrent-ils en pleurant. Nous allons
être dévorés par les loups !
- Ne vous en faites pas , dit le Petit Poucet. Suivez-moi, je vais
vous ramener à la maison. " Et comme les petits cailloux blancs
brillaient à la lumière de la lune, ils purent rentrer sans difficulté
à la maison. Leurs parents furent tout contents de les retrouver :
on venait de leur apporter un gros morceau de pain et ils étaient
ravis de le partager avec leurs enfants.
Mais une semaine plus tard, la nourriture manqua de nouveau.
Et le Petit Poucet entendit que ses parents voulaient encore
les perdre. Mais ce jour-là, la porte de la maison étaient fermée
et il ne put aller ramasser des cailloux.
" Cela ne fait rien, se dit-il, je sèmerai demain matin les miettes
de ma tartine. " Et le lendemain, il fit tomber des petites miettes
de pain tout le long du chemin.
Quand ils furent arrivés au milieu de la forêt le père leur dit :
des fagots avec des brindilles et attendez-nous pour rentrer. "
Les enfants ramassèrent beaucoup de bois. Mais en fin de
toujours pas là. On entendait les bruits des animaux nocturnes
et les enfants commençaient à avoir très peur.
" Nous sommes perdus. Nous allons être mangés par les
loups, crièrent-ils en pleurs !
- Ne vous en faites pas, dit le Petit Poucet. suivez-moi, je vais
vous ramener à la maison. Mais les oiseaux avaient mangé
toutes les miettes de pain et le Petit Poucet ne put retrouver
son chemin. Alors il grimpa en haut d'un arbre pour voir s'il
n'apercevait pas la lumière d'une maison. Il fut tout content
d'en apercevoir une qui n'était pas très éloignée, et il y conduisit
ses frères. Ils frappèrent à la porte :
" Qui est là ? demanda la voix d'une dame.
- Nous sommes sept petits garçons perdus. Pouvez-vous nous
abriter pour la nuit ?
- Mes pauvres enfants, vous êtes dans la maison de l'ogre ! Il va
vous dévorer si vous restez ici.
- Mais si nous restons dans la forêt, nous serons mangés par les
bêtes féroces.
- Je vais essayer de vous cacher. Allez vite au fond de la grande
armoire. " Un peu plus tard l'ogre rentra chez lui. Il renifla très fort
et il dit : " Ca sent la chair fraîche !
- C'est le gigot que je t'ai préparé, dit la femme en le posant sur
la table. " L'ogre dévora le gigot, puis les deux jambons et les
six saucissons qui étaient dans le garde-manger. Mais il continua
à renifler :
- Tu me caches quelque chose ! cela sent la chair fraîche ! " Et en
fouillant dans la pièce, il finit par découvrir le Petit Poucet et ses
frères.
" Miam ! Sept petits garçons ! Je vais les dévorer tout de suite !
- Tu as tort, lui dit sa femme. Tu as bien mangé. Tu vas avoir une
indigestion. Tu ferais mieux de les garder pour ton déjeuner de
demain. Je vais aller les coucher là-haut, et tu les mangeras
demain. " Et la femme de l'ogre installa le Petit Poucet et ses
frères dans un grand lit. Il y avait un autre lit dans la pièce, où
dormait les sept filles de l'ogre, qui avaient toutes une couronne
sur la tête. Avant de s'endormir, le Petit Poucet retira son bonnet
celui de ses frères, et les mit aux petites ogresses, et il se coiffa
ainsi que ses frères avec les couronnes. Au milieu de la nuit,
l'ogre se réveilla et se dit : " J'ai eu tort de ne pas tuer ces petits.
garçons tout de suite. Je vais prendre mon grand couteau et les
tuer maintenant. " Il alla dans la chambre et se dirigea vers le lit
des garçons. Au moment où il allait leur couper la tête, il sentit
les couronnes : " je suis vraiment fatigué ! J'allais tuer mes filles !
Il alla à l'autre lit, sentit les bonnets et coupa le cou de tous les
enfants. Puis il se recoucha. Dès qu'il fit jour, le Petit Poucet
réveilla ses frères et leur fit quitter la maison.
Et ils partirent vite vers la forêt. Quand l'ogre se réveilla et qu'il
se rendit compte qu'il avait tué ses filles, il se mit très en colère.
Il chaussa ses bottes de sept lieues et il partit à la poursuite des
garçons. Mais quand ceux-ci entendirent son pas, ils se
cachèrent sous un rocher. Et l'ogre qui était fatigué de chercher
finit par s'endormir. Le Petit Poucet s'approcha alors de lui, et lui
retira tout doucement ses bottes. C'étaient des bottes magiques :
dès qu'il les enfila, elles prirent la taille de son pied. Il partit vite
pour le château du roi, qui avait besoin d'un messager. Le roi fut
si content des services du Petit Poucet qu'il lui donna un grand sac
d'or.
Alors le Petit Poucet vint rechercher ses frères et les ramena à la
maison. Et avec toutes les richesses que le roi leur avait données,
ils vécurent tous heureux et n'eurent plus jamais faim.
LE PETIT CHAPERON ROUGE
Il était une fois une petite fille que tout le monde aimait, et plus
particulièrement sa grand-mère. Un jour, elle lui fit un chaperon
de velours rouge. Il lui allait si bien, que la fillette ne voulut plus
rien porter d'autre. On l'appela donc le petit Chaperon rouge.
Un beau matin, sa maman lui dit : "Petit Chaperon rouge, voici
un morceau de galette et un petit pot de beurre, porte-les vite à
ta grand-mère qui est malade. Elle va bien se régaler.
Mais vas-y tout de suite avant qu'il ne fasse trop chaud ; et sois
bien sage en chemin. Ne sautille pas à droite et à gauche, sinon
tu casseras ta cruche de vin."
- "Je ferai bien attention à tout ", promit le Petit Chaperon rouge.
Puis elle dit au revoir à sa maman et se mit en route. Sa grand-
mère habitait dans la forêt, dans un autre village. Sur son chemin,
la fillette rencontra un loup. Elle ne savait pas que c'était un fort
méchant animal ; elle n'eut donc pas peur du tout.
" Bonjour ! Petit Chaperon rouge ! dit le loup.
- Bonjour ! répondit le Petit Chaperon rouge.
- Où vas-tu de si bon matin ?
- Je vais voir ma grand-mère.
- Et que portes-tu ? demanda le loup.
- Un pot de beurre et un morceau de galette que ma maman lui
envoie. C'est pour ma grand-mère qui est malade, cela lui fera du
bien, répondit-elle.
- Et où habite-t-elle, ta grand-mère ?
- Sa maison est plus loin dans la forêt, à la première maison du
village. Tu la reconnaîtras forcément, dit le Petit Chaperon rouge."
Le loup se dit en lui-même : "Cette fillette tendre et dodue à
souhait est un morceau de choix ! Elle a sûrement meilleur goût
que la grand-mère. Il faut que je trouve une ruse pour les dévorer
toutes les deux.
Sans souffler mot, il chemina un petit moment aux côtés du Petit
Chaperon rouge, puis dit enfin d'une voix douce :
" Petit Chaperon rouge, tu marches droit devant toi comme si tu
allais à l'école, alors que la forêt est si belle ! Regarde un peu
autour de toi toutes ces jolies fleurs et écoute les gazouillis des
oiseaux dans les arbres." Le Petit Chaperon rouge leva les yeux
et vit les rayons du soleil entre les arbres et partout, partout, de
jolies fleurs dans l'herbe. " Si j'en cueillais un bouquet pour ma
grand-mère, cela lui ferait plaisir. Il n'est pas tard, j'ai tout mon
temps."
Elle quitta le chemin et bondit dans le sous-bois. Dès qu'elle avait
cueilli une fleur, elle en voyait une plus belle un peu plus loin ; elle
allait la cueillir aussitôt. Elle s'enfonça ainsi dans la forêt sans s'en
rendre compte.
Pendant ce temps-là, le loup se mit à courir de toute sa force par
le chemin qui était le plus court, à la maison de la grand-mère et
frappa à sa porte.
" Qui est là ? cria la grand-mère.
- C'est moi, le Petit Chaperon rouge, dit le loup. Je t'apporte de
la galette et du beurre. Ouvre-moi !
- Je suis trop faible pour aller t'ouvrir. Tu n'as qu'à tirer la
chevillette, la bobinette cherra." Le loup tira la chevillette et la
porte s'ouvrit. Il se jeta sur la grand-mère et la dévora en mois de
rien. Il mit ensuite la chemise de nuit et le bonnet de dentelle de la
grand-mère, se coucha dans le lit et en ferma les rideaux.
Pendant ce temps-là, le Petit Chaperon rouge avait cueilli un
bouquet de fleurs si gros qu'elle pouvait à peine le porter. Il était
temps de l'offrir à sa grand-mère.
Elle se remit bien vite en chemin. Quand elle arriva devant la
maison, elle s'étonna de trouver la porte ouverte. Tout lui sembla
étrange. Elle s'avança près du lit, en disant :
" Bonjour, grand-mère." Mais personne ne lui répondit. Elle écarta
les rideaux du lit. La grand-mère était là, couchée, le bonnet de
dentelle enfoncé jusqu'aux yeux, qui cachait presque toute la figure.
- " Comme tu as de grandes oreilles, grand-mère, dit-elle.
- C'est pour mieux t' entendre, mon enfant !
- Comme tu as de grands yeux !
- C'est pour mieux te voir, mon enfant !
- Comme tu as de grands bras !
- C'est pour mieux t' embrasser, mon enfant !
- Comme tu as une grande bouche et de grandes dents !
- C'est pour te manger ! " dit le loup qui fit un bond hors du lit et
dévora d'un trait le Petit Chaperon rouge. Une fois repu, le loup se
recoucha et s'endormit aussitôt. Il se mit à ronfler haut et fort. Un
chasseur qui passait devant la maison l'entendit et pensa :
" Comment se fait-il que cette vieille grand-mère ronfle si fort ?
Allons voir si elle n'a besoin de rien. " Il entra dans la chambre,
s'approcha du lit et vit le loup, profondément endormi.
" Te voilà enfin, canaille !
Depuis le temps que je cherche à t'attraper !"
Il brandit son fusil en direction du loup, mais s'arrêta net.
" Et si le loup avait dévoré la grand-mère ? " se dit -il.
Il reposa son fusil, prit une paire de ciseaux et se mit à ouvrir le
ventre du loup endormi.
Au troisième coup de ciseaux, il aperçut quelque chose de rouge.
Deux ou trois coups de ciseaux encore et la petite fille bondissait
dehors en s'écriant : " Oh ! la, la ! Comme j'ai eu peur ! Il faisait si
noir dans le ventre du méchant loup ! ". La grand-mère sortit à son
tour, encore vivante, mais elle respirait à peine. Il était temps !
Le petit Chaperon rouge courut chercher de grosses pierres et en
bourra le ventre du loup. Quand il se réveilla, il voulut s'enfuir. Mais
les pierres étaint si lourdes qu'il s'affala sur le sol et mourut
quelques minutes après.
Nos trois amis étaient bien contents. Le chasseur prit la peau du
loup et rentra chez lui. La grand-mère mangea la galette et but le
vin que sa petite-fille lui avait apportés. Elle se sentit beaucoup
mieux. Et le Petit Chaperon rouge ne disait rien.
" Jamais plus de ma vie je ne désobéirai. Jamais plus je ne
m'écarterai du chemin pour aller courir dans la forêt quand
maman me l'a formellement interdit " promit-elle tout bas.