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Peau d'âne

 
DANSONS LA CAPUCINE

PEAU D'ÂNE

 

Il était une fois, un roi, une reine et une jeune fille.

A cette époque, on ne pouvait trouver une famille plus

heureuse sur la terre. En plus de ce bonheur, le roi possédait

un âne merveilleux. Cet âne, au lieu de déposer du crottin

comme tous les autres ânes, faisait de l'or chaque jour sur

sa littière ! Imaginez-vous cela ?

Ainsi, la vie se déroulait paisiblement et tous les matins le roi,

la reine, la princesse et l'âne, entourés de tous les gens de la cour,

se réveillaient heureux d'exister, heureux d'être ensemble, heureux

de n'avoir aucun souci.

Mais, comme parfois dans la vie, il arrive que ce bonheur fut

assombri par une étrange maladie qui s'empara de la reine.

Celle-ci dépérissait et lorsqu'elle fut près de mourir elle appela

le roi son époux et lui fit part d'une dernière demande :

-"Cher époux, lui dit-elle, losque je ne serai plus là, il faudra vous

remarier un jour ! Promettez-moi de n'épouser que quelqu'un digne

de vous, quelqu'un qui me resemble ou mieux encore, quelqu'un qui

me surpasse".

Le roi pleura et dit qu'il préférait mourir avec elle plutôt que de

penser à une autre, mais malgré tout, il lui fit cette promesse,

sachant que nulle part il ne trouverait épouse supérieure en grâce,

en beauté, en intelligence, en amour à celle aui le quittait pour

toujours.

Le roi se retrouva donc avec la princesse et l'âne merveilleux,

entouré de tous les gens de la cour et ces derniers commencèrent à

lui conseiller de chercher maintenant une nouvelle épouse.

Le roi refusait d'y penser, mais comme il était roi, il dut tout de

même s'y résigner et tous les jours qui suivirent, ses conseillers lui

apportèrent des portraits de princesses toutes disposées à

l'épouser.

Et, chaque jour, le roi jetait un oeil triste sur ces portraits et trouvait

que l'une avait un trop granqd nez, l'autre de trop petites oreilles, la

troisième des sourcils trops épais.

Chaque fois, il trouvait un détail pour refuser telle ou telle princesse,

sans vouloir avouer qu'il pensait toujours à sa femme.

Un jour, alors qu'il regardait encore un oeil distrait les portraits du

jour, il tourna son regard vers la fenêtre et aperçut sa fille qui avait

bien grandi depuis. Elle était assise sur la margelle du puits dans le

parc du château et contemplait les oiseaux qui revenaient en

annonçant le printemps. A mieux y regarder encore le roi se dit

qu'elle était aujourd'hui devenue une magnifique princesse, bien

plus belle et plus

aimable que toutes celles que lui proposaient ses conseillers.

Il la fit venir et lui dit :

-"J'ai promis à maman, le jour de sa mort, de n'épouser qu'une

princesse qui la surpassent en grâce et en beauté. Tu es celle-ci.

Voudrais-tu m'épouser ?"

La Princesse n'en croyait pas ses oreilles ! Comment ? Me marier

avec mon père ? Elle ne sut quoi répondre et partit en courant

vers la forêt où vivait sa marraine, la fée Lilas. Elle arriva près d'elle

et fondit en larmes.

-Que se passe-t-il, lui demanda la fée en lui passant la main dans

ses longs cheveux d'or.

Quel est ce gros chagrin ma petite filleule ?

-Marraine, c'est horrible ! Mon père veut m'épouser !

-Effectivement, répondit sa marraine, c'est vraiment surprenant

de sa part. Peut-être que sa trop grande tristesse l'a rendu un peu

fou. Ecoute-moi, voilà ce que tu vas faire. Tu vas lui dire qu'il te

faut du temps pour réfléchir et que de toutes façons tu ne pourras

l'épouser que s'il te donne...une robe couleur du temps.

A mon avis, cela lui sera impossible et ainsi tu ne seras ni obligée

de désobéir à ton père, ni obligée de te marier avec lui.

N'est-pas-une bonne idée ?

-Je ne sais pas Marraine, je vais essayer.

La Princesse rentra donc au château et alla trouver son père pour

lui dire ce que la fée Lilas lui avait conseillé de dire. Le roi alors

appela tous les meilleurs couturiers du pays et leur ordonna de faire

dans la nuit une robe couleur du temps.

Et bien qu'il ne fut pas méchant, il les menaça pourtant de leur faire

couper la tête s'il n'y parvenaient pas.

Les couturiers se mirent au travail dès le lendemain ils apportèrent

à la Princesse une magnifique robe couleur du temps, aux reflets

bleus et blancs et légère comme un nuage.

La Princesse les remercia et courut une nouvelle fois vers la forêt

pour y rejoindre sa marraine, la fée Lilas.

-Marraine, Marraine ! Mon père m'a offert ce matin la robe couleur

du temps que je lui avais demandée ! Que faire maintenant ?

-Je sais, dit la fée Lilas en réajustant son long voile de tule, tu vas

lui dire qu'il te manque encore une robe couleur de lune !

Cette fois-ci ça m'étonnerait qu'il y parvienne.

Alors la Princesse repartit en courant pour faire cette nouvelle

requête à son père. Il était bien peu surpris par tous ces caprices.

La princesse n'exigeait jamais rien autrefois ! Mais tellement

soucieux de lui plaire, il accepta et convoqua de nouveau tous les

meilleurs couturiers du pays.

-"Il me faut pour demain matin une robe couleur de lune.

Faîtes vite et surtout ne ma décevez pas ou sinon...on vous

coupera la tête". Non par crainte ne me décevez pas ou sinon...on

vous coupera la tête".

Non par crainte d'un tel châtiment, que le roi sans doute n'aurait pas

fait exécuter, ils se mirent de nouveau au travail et toute la nuit

confectionnèrent une superbe robe couleur de lune. Au matin, ils

l'apportèrent à la Princesse qui n'en croyait pas ses yeux. Cette

nouvelle robe brillait comme une pleine lune au milieu des étoiles

et son tissu était soyeux comme un ciel d'été. Elle courut dans la

forêt une nouvelle fois pour alerter sa marraine.

- Marraine ! Marraine ! Le roi m'a offert ce matin la robe couleur de

lune que je lui avais demandée ! Quoi faire ?

-Cette fois ci tu n'as qu'à lui demander une robe couleur soleil !

Et la Princesse, confiante, retourna vers le château et alla voir son

père pour lui demander cette fois la robe couleur soleil !

Les meilleurs couturiers, qui n'étaient pas partis bien loin car ils se

reposaient de leurs deux nuits de travail, furent réveillés par la voix

tonitruante du roi qui leur demandait cette fois, de faire, dans la

nuit, une robe couleur soleil. Il n'eut pas même besoin de préciser

qu'évidemment s'ils n'y parvenaient pas, ils leur ferait couper la

tête.

Les couturiers se consultèrent et ensemble se mirent au travail. Ils

firent tant et si bien qu'au matin, ils apportèrent à la Princesse une

magnifique robe brillant de tous les feux d'un soleil de Printemps.

Elle en fut très éblouie devant cette splendide lumière qui brillait

ainsi autour de la Princesse !

Alors que le roi approchait, une nouvelle fois la Princesse partit en

courant en direction de la forêt, chercher une nouvelle fois un

conseil auprès de sa marraine.

-Marraine ! Marraine !

-Oui, je sais, tu viens sûrement me dire que le roi t'a offert ce matin

même une robe couleur soleil ?

-Oui, Marraine, une robe magnifique qui brille de tous les feux d'un

soleil de Printemps ! Que faire ?

-Ecoute moi bien. Je crois que cette fois-ci le roi ne va pouvoir

répondre à ta demande. Cette fois tu vas lui demander la peau de

son âne chéri !

-La peau de son âne ?

Mais Marraine, je ne peux pas lui demander cela ! Cet âne est pour

lui un merveilleux compagnon et une inépuisable fortune !

-C'est bien pour ça qu'il ne pourra pas te l'accorder et ainsi tu

n'auras ni à lui désobéir ni à l'épouser !

Alors, la Princesse retourna au château et, d'une voix tremblante,

elle réclama au roi la peau de son âne.

Le roi fut extrèmement étonné d'une telle demande, mais plus

encore la princesse fut surprise de le voir accepter.

-Que ferais-je pour toi , ma Princesse, pour qu'enfin tu consentes à

devenir ma femme, soupira t-il !

Et il ordonna à ses hommes d'aller chercher la peau de son âne

pour en faire don à sa fille.

Cette fois-là, la Princesse n'eut pas à courir vers la forêt.

Sa marraine était venue et assistait sans sourciller à cette étrange

scène.

Une fois seules, la Princesse et la fée Lilas, cette dernière s'approcha

et lui glissa à l'oreille.

-Tout se passe comme il faut. Voici maintenant pour toi un

extraordinaire déguisement pour quitter le château dès cette nuit.

Vêts-toi de cette peau d'âne et attends au coin de l'allée près de la

forêt, un carrosse te conduira loin d'ici et tu ne craindras plus ni de

désobéir à ton père, ni de l'épouser. Emporte aussi avec toi cette

baguette magique.

Lorsque tu voudras faire apparaître la malle qui contient tes robes

et tes bijoux, tu n'auras qu'à taper trois petits coups de baguette et

elle apparaîtra.

La Princesse, toujours confiante dans les conseils de sa Marraine,

fit comme elle lui avait dit, et à la nuit tombée, vêtue de la peau

d'âne elle prit la baguette magique et se rendit au bout de l'allée

où un carosse l'attendait.

Le carosse la mena fort loin puis s'arrêta. Elle en descendit et à

pied, elle continua sa route sans bien savoir jusqu'où cela

l'entrainerait.

 

         


Samedi 17 Mai 2008


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