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» Histoires » Alphabétique » A-F
 



 
 


Aladin et la lampe merveilleuse | Ali baba et les 40 voleurs | Alice au pays des merveilles | Barbe bleue | Belle au bois dormant (la) | Belle et la bête (La) | Blanche-Neige | Boucle d'Or | Cendrillon | Chat botté (le) | Chèvre de Monsieur Seguin (La) | Cygnes sauvages (les) | Petit chaperon rouge (le) | Petite fille aux allumettes (La)

 
DANSONS LA CAPUCINE

            ALADIN ET LA LAMPE MERVEILLEUSE

 

Il était une fois, dans le lointain Orient, une veuve qui avait un fils

du nom d'Aladin. Ils étaient très pauvres et, pendant que sa mère

s'éreintait au travail, le jeune garçon passait ses journées, comme

tous les enfants de son âge, à vagabonder dans mes environs. Un

après-midi, alors qu'il jouait sur la place du village avec ses amis,

un mystérieux étranger s'approcha de lui. L'homme était bien vêtu :

il portait un turban orné d'un saphir, et une petite barbe noire faisait

ressortir l'étrange éclat de ses yeux. "N'es-tu point Aladin, fils de

Mustapha le tailleur ?

Mon garçon, aimerais-tu gagner quelques roupies ?

- Oh! oui, monsieur ! Je ferais n'importe quoi pour rapporter un peu

d'argent à la maison !

- Alors, Aladin, écoute bien : Il te suffira de passer par une trappe

trop étroite pour moi et de me rapporter une vieille lampe."

Aladin suivit donc le marchand jusqu'en un endroit fort éloigné du

village. Ils soulevèrent une lourde plaque de marbre et le jeune

garçon, svelte et agile, se faufila par l'ouverture. Quelques marches

s'enfonçaient dans le sol. L'homme retira de son doigt un anneau et

le lui tendit :

"Mets cet anneau, il te préservera de tout mal."

Au bas des marches, il découvrit une immense caverne. Là se

trouvaient des coffres remplis de bijoux, des jarres en or, des

arbres croulant sous le poids d'étranges fruits faits de diamants,

de perles et de nacres : un vrai trésor ! Soudain tiré de sa stupeur

par un hurlement : la lampe, Aladin, apporte-moi la lampe !"

Le garçon regarda tout autour de lui et finit par apercevoir posée

sur un coffre une vieille lampe à l'huile.

Pourquoi l'étranger voulait-il cette lampe sans valeur alors que

l'endroit regorgeait de richesses ?

Ce devait être un magicien, assurément...Aladin, inquiet, prit la

lampe et remonta lentement vers la surface.

"Donne-moi la lampe, l'homme qui commençait à s'impatienter.

- Aidez-moi à sortir, répondit Aladin.

- Donne-moi d'abord la lampe ! hurla l'étranger."

Aladin redescendit les marches sans répondre. "Eh bien, reste ici,

si tu t'y palis tant !"

Et de rage, l'homme referma la trappe ! Seul dans le noir, Aladin se

tordait les mains de désespoir. L'anneau qu'il portait au doigt se mit

soudain à briller et une imposante créature apparut, les yeux

flamboyants dans un visage enturbanné, les mains sur la poitrine. Je

suis le génie de l'anneau. Parle et j'obéirai !

- Je veux rentrer chez moi", dit Aladin.

Dans l'instant, il se retrouva avec lampe et anneau auprès de sa

mère, à qui il conta son étrange aventure. Tout en l'écoutant, elle

commença à astiquer la lampe pour lui redonner un peu d'éclat.

Aussitôt en sortit, au milieu d'une épaisse fumée, un autre génie,

encore plus effrayant que celui de l'anneau.

"Je suis le génie de la lampe. Parle et j'obéirai !". De ce jour,

Aladin et sa mère ne manquèrent de rien. Quels que fussent leurs

désirs, le bon génie les exauçait sur-le-champs.

Les années passèrent. Aladin était maintenant un grand et beau

jeune homme. Un matin, au marché, il croisa Badroulboudour, la

fille du sultan, et en tomba éperdument amoureux. Impressionné

par sa richesse, le sultan ne fut pas long à lui accorder la main de

la princesse. Après un somptueux mariage, Aladin et Badroulbou-

dour s'en allèrent habiter un somptueux palais que le génie avait

fait surgir au milieu d'une oasis. Un jour que la jeune femme était

seule au palais, un étrange marchand s'arrêta sous ses fenêtres.

"Qui veut échanger les vieilles lampes contre des neuves ?", criait-

il. Badroulboudour ignorant le secret d'Aladin et l'existence du

génie, alla chercher la vieille lampe et l'échangea au marchand,

qui n'était autre que le méchant et fourbe magicien.

Aussitôt, celui-ci frotta la lampe et , sous le regard effrayé de la

jeune femme, fit apparaître le génie.

"Je suis le génie de la lampe. Parle et j'obéirai !

- Génie, je suis ton nouveau maître. Tu dois m'obéir en tout !"

Le magicien lui ordonna de les transporter, lui, le palais et la

princesse, dans un pays très lointain. La disparition de

Badroulboudour plongea Aladin dans un profond désespoir. Une

fois encore, il eut recours au génie de l'anneau. "Emmène-moi

là où se trouve ma bien-aimée, implora-t-il, je ne peux vivre sans

elle..."En un éclair, il se retrouva dans la cuisine de son palais.

Devant lui, Badroulboudour préparait le repas du magicien.

"Aladin, toi ici ?

- Vite, mon aimée, prends cette poudre et mets-la dans le thé du

magicien ! Aie confiance en moi !"

Ainsi entendit-on bientôt les ronflements du marchand, vaincu par

le somnifère. Aladin s'empara alors de la lampe et fit surgir une

nouvelle fois le génie. Il lui ordonna de les ramener au plus vite dans

leur pays. Le sultan pleura de joie en retrouvant sa fille et son

gendre.

Toute la ville célébra par de grandes réjouissances qui durèrent

plusieurs jours le retour d'Aladin et de son épouse. Quant au

méchant magicien, il fut banni du royaume et l'on n'entendit plus

jamais parler de lui.

 

         

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DANSONS LA CAPUCINE

ALI BABA ET LES 40 VOLEURS

 

Ali Baba et Cassin étaient deux frères d'une famille modeste.

Ali Baba vivait avec sa femme dans une toute petite maison.

Il gagnait sa vie en taillant des bûches dans la forêt pour les

vendre au marché.

Cassin, lui avait épousé l'héritière d'un très riche marchand.

Il portait des costumes de soie brodés d'argent, et il était fier

de ses appartements luxueux. Il n'avait jamais songé à partager

son immense fortune, ne serait-ce qu'avec son frère.

Un jour, en fin d'après-midi, Ali Baba, qui avait réuni une bonne

quantité de bois, s'apprêtait à quitter la forêt lorsqu'il aperçut des

cavaliers au galop.

"Seraient-ce des bandits qui viennent par-ici ?" se demanda-t-il.

Il se cacha en haut d'un arbre.

Quarante hommes à méchante figure s'approchaient."

Je n'avais pas tort. Voilà bel et bien des voleurs", se dit Ali Baba,

très impressionné par les gros paquets et les malles énormes

chargés sur des chevaux.

De son arbre, Ali Baba pouvait tout voir et tout entendre. Le

capitaine des voleurs s'approchaient d'une grande porte dissimulée

dans un rocher. Il s'arrêta devant, et dit :

"Sésame, ouvre-toi !".

A peine avait-il prononcé ces mots que la porte s'ouvrit toute

grande. Les trente-neuf autres cavaliers le suivirent à l'intérieur

de la caverne et y cachèrent l'or, l'argent et les marchandises qu'ils

avaient volées. Puis, le capitaine leur ordonna de sortir et dit :

"Sésame, ferme-toi !".

La porte se ferma, et ils repartirent. Quand ils furent éloignés,

Ali Baba, dévoré de curiosité, descendit de l'arbre et s'avançant

vers la caverne, il prononça :

"Sésame, ouvre-toi !", et la porte lui obéit.

Il entra dans la caverne : c'était l'endroit le plus éblouissant qu'il eut

jamais vu. Il découvrit d'abord des tapis brodés et des étoffes

précieuses, puis des vases remplis d'or, d'argent et de bijoux.

Tout débordait de richesses qu'il se dit :

"Ce repaire de voleurs doit servir depuis des siècles !".

Mais il ne voulait pas s'attarder. Il sortit en emportant deux gros

sacs de pièces d'or, ordonna à la porte de refermer, puis rentra

chez lui. Il montra à sa femme sa fabuleuse découverte.

D'abord, celle-ci s'inquiéta.

"D'où viennent toutes ces pièces d'or ? Es-tu devenu un voleur ?

- C'est à des voleurs que je les ai volées", répondit-il. Et lui raconta

son aventure, en lui demandant de bien garder le secret.

Rassurée, elle se demanda quelle quantité d'or il pouvait y avoir

dans les sacs. "Nous devrions peser ces pièces, lui dit-elle.

- C'est inutile, répondit Ali Baba, enterrons-les dans le jardin au plus

vite.

- Quel dommage ! dit sa femme. J'aurais tant voulu savoir !". Elle le

supplia tellement qu'il céda : "Bien, lui dit-il. J'attendrai que tu aies

pesé l'or pour l'enterrer." Il fallait emprunter une balance.

Elle se rendit chez Cassin, le frère d'Ali Baba qui habitait à deux

pas.  La femme de Cassin accepta tout de suite de lui prêter sa

balance.

Mais elle était très curieuse, et se demandait quelle sorte de grain

ce pauvre Ali Baba et sa femme voulaient peser. Pour satisfaire

sa curiosité, elle déposa un peu de suif sous la balance, afin

qu'un ou deux grains y restent collés.

Puis elle confia la balance à la femme d'Ali Baba.

Une fois l'or pesé, la balance fut rendue à la femme de Cassim.

Celle-ci l'examina, et vit qu'au lieu de grain, une pièce d'or était

collée sous la balance ! Elle courut voir son mari :

"Cassim, lui dit-elle, tu ne devineras jamais quelle sorte de grain

ton frère met en réserve en ce moment. Une drôle de sorte, en

vérité : de l'or ! Ton frère a tellement d'or qu'il ne compte plus ses

pièces, il préfère les peser !" Cassim n'en croyait pas ses oreilles.

Il se rendit immédiatement chez Ali Baba.

"Ma femme a trouvé une pièce d'or sous la balance qu'elle t'a

prêtée. Doù te vient tout cet or, toi qui n'en a jamais eu ?" Ali Baba,

comprenant qu'il était découvert, se résolu à confier le secret à son

frère. "Dis-moi vite où se trouve cette caverne", répondit Cassim.

Et Ali Baba lui en indiqua le chemin.

Le lendemain, Cassim se leva avant le jour. Il traversa la forêt, et

arriva près de la caverne, il prononça la formule magique que son

frère lui avait donnée, puis entra. Ali Baba ne lui avait pas raconté à

quel point sa découverte était prodigieuse. A la vue de tous ces

trésors, Cassim se mit à courir en tous ses sens, à sauter et à rire

tout seul. Il visita longuement tous les recoins de la caverne. Puis il

se dit que le moment était venu d'emporter ce qu'il voulait et de

rentrer chez lui. Il s'empara de quatre sacs de pièces d'or et se

dirigea vers la porte. Celle-ci, comme à l'accoutumée, s'était

refermée derrière le visiteur, et il fallait à nouveau prononcer la

phrase magique. "Maïs, ouvre-toi !" dit Cassim. Ce n'était pas la

bonne formule. Il avait du mal à se souvenir.

"Voyons... Blé, ouvre-toi !". la porte ne s'ouvrait toujours pas.

"Orge, ouvre-toi !" Toujours rien. Il énuméra ainsi plusieurs noms

de céréales. Il essayait encore de se rappeler le bon mot, quand

il entendit approcher des cavaliers.

C'étaient les quarante voleurs, qui venaient entreposer un nouveau

butin.

"Sésame, ouvre-toi ! " dit le capitaine. La porte s'ouvrit,

découvrant Cassim, épouvanté. "Ce gredin a réussi à entrer ! cria

le capitaine. Emparez-vous de lui !" Ils se jetèrent sur Cassim et le

tuèrent sur-le-champ. Ils le coupèrent en quatre morceaux, puis

disposèrent les morceaux de chaque côté de l'entrée de la caverne.

A la vue de ce spectacle effrayant, pensaient-ils, personne n'oserait

plus entrer ici. Une fois leur sanglante besogne accomplie, ils

repartirent.

La femme de Cassim, ne voyant pas son mari revenir, alla prévenir

Ali Baba. Celui-ci se rendit à la caverne des voleurs, et ne tarda pas

à découvrir ce qu'il restait de son pauvre frère.

Lorsqu'elle apprit sa mort, l'épouse de Cassim pleura beaucoup.

Ali Baba lui proposa de la prendre comme seconde épouse. C'était

en effet, chose ordinaire, dans ce pays, que d'avoir deux ou plusieurs

femmes. Elle accepta, et Ali Baba vécut ainsi heureux avec ses deux

épouses.

Ils gardèrent toujours le secret, et vécurent raisonnablement,

allant se réapprovisionner à la caverne de temps à autre.

 

         

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DANSONS LA CAPUCINE

                ALICE AU PAYS DES MERVEILLES

 

Alice était assise sur un banc à côté de sa grande soeur qui lisait

un livre sans images. Alors qu'elle commençait à s'ennuyer elle

décida d'aller cueillir des fleurs, quand un lapin blanc aux yeux

rouges, passa près d'elle en courant.

Cela n'avait rien d'exceptionnel. Alice fut tout de même intriguée

lorsqu'elle entendit le lapin marmonner : "Zut ! Je vais être en

retard !" Puis tirant une montre de sa poche, il regarda l'heure et

détala. Cette fois, Alice n'en crut pas ses yeux. Piquée par la

curiosité, elle se mit à courir après. Mais il était loin devant, et elle

eut juste le temps de le voir disparaître dans un large terrier.

Alors, sans hésiter, elle s'y glissa à son tour. Elle suivit d'abord un

tunnel, puis celui-ci s'inclina et se transforma en un grand puits qui

n'en finissait pas. Alice tombait, tombait, et pendant sa chute, elle

voyait défiler des étagères pleines de pots de confitures et des

vitrines remplies de gâteaux et de bonbons.

Puis, tout à coup, boum ! elle atterrit sur son lit de feuilles mortes.

Il faisait très sombre. Elle fit quelques pas à tâtons, et atteignit

bientôt une grande salle éclairée. Au milieu, il y avait une petite

table à trois pieds, sans rien sur le dessus, sauf une toute petite

clé. Alice se demandait quelle porte cette clé pouvait-elle bien

ouvrir, tellement celle-ci était minuscule, lorqu'elle aperçut dans

le mur du fond : une petite porte.

La clé entrait parfaitement dans la serrure. Il y avait de nouveau un

tunnel, mais celui-ci était bien trop étroit pour qu'Alice puisse y

entrer. Elle se mit à quatre pattes, et aperçut dans le fond le plus

joli jardin miniature qu'elle avait jamais vu, avec des fontaines

sculptées et des fleurs aux couleurs semblables à celles d'un

arc-en-ciel.

"Si seulement je pouvais raccourcir comme une longue-vue et

visiter ce jardin extraordinaire !", pensa Alice.

Mais elle était décidément de trop grande taille pour pénétrer dans

ce minuscule tunnel. Triste et désenchantée elle revint vers la petite

table. A ce moment-là, "surprise" : une petite bouteille y était

maintenant posée, l'étiquette portait ces mots : "Bois-moi".

Alice n'allait pas obéir aussi facilement. Tout d'abord, elle observa

avec soin la bouteille, pour voir si nulle part l'inscription "Poison"

n'était mentionnée. Comme il n'y avait aucune indication de ce

genre, elle but. Ce fut à son goût, un délice. Cela ressemblait à un

mélange de jus de fraise, de jus d'abricot et de lait de coco. "Mais,

se dit-elle tout à coup, ne serai-je pas en train de rapetisser ?" Oui,

c'était bien cela. Alice raccourcissait comme une longue-vue, et

elle eût bientôt la taille idéale pour passer la petite porte.

Quelle chance !

Elle courut, de toute la force de ses petites jambes, et fut vite

arrivée dans le magnifique jardin. Jamais elle n'avait vu autant de

couleurs à la fois, ni senti autant de parfums délicats.

Soudain, elle entendit des pas. Ce furent ceux du lapin blanc,

superbement habillé, il tenait à la main un éventail et mes gants !"

"Ce lapin me prend pour sa bonne à tout faire, pensa Alice. Bah !

Après tout, je ferais peut-être mieux de lui obéir." Séchant ses

larmes, encore chaudes, elle se dirigea vers une jolie petite

maison blanche. Des rosiers en fleurissaient l'entrée. Les roses

étaient blanches, comme la maison, mais trois jardiniers farfelus

s'appliquaient à les peindre en rouge. Alice s'approcha, et

entendit l'un deux dire : "Fais attention, Cinq de Trèfle !

Tu m'envoies de la peinture dans la figure !, s'écria Deux de Trèfle.

- Ce n'est pas de ma faute, répondit Cinq de Trèfle. C'est Neuf de

Pique qui m'a poussé !

- Messieurs, dit Alice amusée, pourquoi peignez-vous ces roses ?"

A ce moment, Cinq de Trèfle s'exclama : "La reine !". Et les trois

jardiniers se jetèrent face contre terre. Arrivèrent des valets, puis

les enfants du roi et de la reine, puis les jokers, et enfin le Roi et

la Reine de Coeur. La reine dit sévèrement en regardant Alice :

"Qui est cette petite ?

- Je m'appelle Alice, pour vous servir, Majesté, répondit poliment

la petite fille.

- Et eux, qui sont-ils ? demanda la reine en désignant les trois

jardiniers.

- Comment voulez-vous que je le sache ? Ce ne sont pas mes

oignons", rétorqua Alice, surprise elle-même d'avoir osé donner

une telle réponse.

La reine la regarda, furieuse, et se mit à crier comme une bête

sauvage : "Qu'on lui coupe la tête !". Le roi lui chuchota à l'oreille :

"Songez, ma chère, que ce n'est qu'une enfant." Mais soudain,

Alice eut une impression étrange : il lui semblait que lentement,

elle était en train de grandir, et qu'elle allait bientôt reprendre sa

taille normale. Pour le moment, personne ne s'en apercevait.

"Coupez-lui la tête !, hurla la reine.

- Qui peut bien se soucier de vous ?, dit Alice. Vous n'êtes rien

qu'un jeu de cartes !" A ces mots toutes les cartes s'envolèrent,

et retombèrent sur la fillette : elle poussa un petit cri craintif, se

secoua vigoureusement pour s'en débarrasser...et elle se retrouva

allongée sur le banc, la tête sur les genoux de sa soeur. Deux ou

trois feuilles d'un arbre étaient tombées sur son visage.

"Réveille-toi, Alice ! Comme tu as dormi longtemps !

- Oh ! Si tu savais, répondit Alice, quel drôle de rêve j'ai fait !

Et elle raconta à sa soeur son étrange et merveilleux songe, dont

elle se souvient encore aujourd'hui.

 

         

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BARBE BLEUE

 

Il était une fois une fois un homme très riche et très puissant. Mais

il était si effrayant, avec sa barbe bleue, qu'aucune femme ne

voulait de lui. Il avait pourtant réussi à se marier six fois, et

personne ne savait ce que ses six femmes étaient devenues. Un

jour, Barbe-Bleue voulut épouser la fille de sa voisine. Celle-ci

refusait obstinément, car il était riche, oui, mais tellement laid !

Elle se demandait surtout où étaient passées ses six premières

épouses. Pour séduire la jeune fille, Barbe-Bleue l'invita dans un

de ses châteaux, et organisa une fête extraordinaire. Pendant les

festivités, il se montra tellement agréable, joyeux, plein d'entrain,

qu'au bout d'un moment, il ne faisait plus du tout peur à la jeune

fille. " Après tout, se disait-elle, il n'y a rien de mal à épouser un

homme qui a la barbe un peu bleue. Il est si gentil, si accueillant !

Et c'est l'homme le plus riche du pays ! " Elle regardait avec envie

cette immense demeure, ces décorations précieuses, ces garde-

robes qui débordaient des plus beaux vêtements... Sans parler de

l'or, des pierreries et des bijoux que possédait Barbe-bleue, si

nombreux, disait-on, qu'une chambre n'aurait pas suffit à les

contenir. Le mariage fut conclu.

Un mois plus tard, Barbe-Bleue annonça à sa femme qu'il partait

pour un long voyage. " Pendant mon absence, lui dit-il, invite tes

amies et amuse-toi tant que tu le voudras. Voici les clefs de toutes

les portes de la maison. Fais ce qu'il te plaira, mais je ne te

demande qu'une chose : cette petite clef-ci, celle de la porte du

cabinet du bas, ne t'en sers surtout pas. Si jamais ta curiosité te

pousse à désobéir, si tu ouvres la porte du cabinet, ma colère

sera plus terrible que le plus terrible des ouragans. " Ayant dit

ceci, il s'en alla.

La jeune femme invita ses amies le soir même. Toutes étaient

ravies de visiter le superbe château. Elles s'émerveillaient devant

toutes les richesses ; les tentures argentées, les robes et les

manteaux de soie, les colliers de saphir et de diamant, les

diadèmes royaux.

Elles enviaient beaucoup madame Barbe-Bleue. Mais c'est à

peine si celle-ci faisait attention à ses compagnes. Depuis le

départ de son mari, elle ne pensait qu'à la petite clef, et elle était

prise d'une tentation irrésistible. Que pouvait-il donc y avoir de si

secret dans le petit cabinet ? N'y tenant plus, elle faussa

compagnie à ses invitées et se dirigea vers le cabinet. Elle saisit

la clef, se rappela un instant les paroles de son mari, puis se

décida à tourner la clef dans la serrure. D'abord, elle ne vit que le

plancher couvert de sang. Pétrifiée, elle entra dans le cabinet, et

faillit mourir de peur : alignés le long du mur, côte à côte, étaient,

pendus les cadavres des six épouses de Barbe-Bleue. Prise de

panique, elle lâcha la clef, qui tomba dans une flaque de sang.

Elle la ramassa, sortit précipitamment et referma la porte.

Arrivée dans sa chambre, elle essaya de nettoyer le sang en

frottant la clef avec une étoffe. Mais il n'y avait rien à faire : quand

la tache disparaissait d'un côté, elle réapparaissait aussitôt de

l'autre. Pour ajouter à son émoi, voici que Barbe-Bleue décida

de rentrer le soir même, ses affaires étant réglées.

" Mon épouse, es-tu heureuse de me revoir si tôt ? " lui demanda-

t-il. Elle fit semblant d'être joyeuse, et elle lui rendit toutes les clefs,

sauf celle du cabinet.

Un peu plus tard, Barbe-Bleue lui réclama la petite clef : " Je l'ai

laissée à l'étage, lui dit-elle, je vais la chercher. " Elle monta,

appela sa soeur Anne et lui dit : " Mes frères ont permis de venir

me rendre visite aujourd'hui. S'il te plaît, guette-les du haut de la

tour et préviens moi dès que tu les verras arriver. "

Elle repoussait le moment autant que possible, mais il faudrait

bien redescendre. Barbe-Bleue s'impatientait.

" Vas-tu me rendre cette satanée clef ? Je sais que tu as ouvert

la porte du cabinet, et pour cela tu y rejoindras mes autres

épouses. Descends, sacrebleu !

- J'arrive, mon mari, laissez-moi seulement le temps de faire une

dernière prière ! Soeur Anne, demanda-t-elle à sa soeur, ne

vois-tu rien venir ?

- Rien de rien, je ne vois que l'herbe et le soleil.

- Alors, menaça Barbe-Bleue du bas de l'escalier, son couteau

à la main, vas-tu te dépêcher, ou faut-il que je vienne te déloger ?

- Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ? répéta à la dérobée

madame Barbe-Bleue.

-Je vois... un nuage de poussière qui s'élève...

Ce sont nos frères qui s'avancent au galop.

- C'en est trop, hurla Barbe-Bleue, si tu ne descends pas

immédiatement je monte te couper le cou.

- Là, me voici. " Elle descendit en tremblant. Barbe-Bleue

brandissait son couteau. Elle se trouva bientôt à sa hauteur, et il

allait lui trancher le cou, quand on frappa si fort à la porte que sa

main s'arrêta tout net.

La porte s'ouvrit et, découvrant l'horrible scène, un des frères de

la malheureuse épouse se jeta sur Barbe-bleue et lui transperça

le coeur de son épée. Il était mort. Barbe-Bleue n'avait pas de

famille, hormis sa femme. Elle hérita donc de tous ses biens.

Elle en profita pour offrir un somptueux mariage à sa soeur Anne.

Elle même se remaria bientôt avec un gentilhomme qui lui fit

oublier l'infâme Barbe-Bleue.

 

 

         

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LA BELLE AU BOIS DORMANT

 

Il était une fois un roi et une reine qui étaient si heureux de fêter le

baptême de leur petite princesse qu'ils invitèrent les sept fées du

pays pour que chacune puisse lui faire un don magique. Elle

aurait ainsi toutes les qualités.

Au banquet qui suivit chaque fée reçut un cadeau : de magnifiques

couverts en or massif, dans un étui d'or incrusté de pierres

précieuses. Mais il arriva une vieille fée qu'on n'avait pas invitée,

parce qu'on l'avait crue morte. Il fut impossible de se procurer un

huitième étui d'or. Elle réagit violemment, vexée, car elle n'avait

pas reçu un aussi beau cadeau que les autres.

Les fées commencèrent à faire leurs dons magiques à la

princesse. La plus jeune fée lui donna la beauté, la deuxième fée

l'esprit, la troisième la grâce, la quatrième le don de la danse, la

suivante celui du chant, la sixième le don de la musique. Le tour

de la vieille fée arriva. Elle dit : " La jeune princesse se percera

la main d'un fuseau et elle en mourra ! " Toute l'assemblée se

mit à frémir. Mais la septième fée que s'était tenue à l'écart par

méfiance, et qui n'avait pas encore exprimé son don, déclara :

" Je ne peux défaire entièrement ce qui a été fait, la princesse

se percera la main d'un fuseau, mais au lieu de mourir, elle

tombera dans un sommeil qui durera cent ans, au bout desquels

le fils d'un roi viendra la réveiller. "

Le roi, pour éviter le malheur prédit par la méchante fée, fit

interdire, sous peine de mort, l'usage et la possession des

fuseaux. Dans tout le royaume, on brûla tout ce qui servait à

filer à la quenouille. La princesse avait quinze ou seize ans,

quand un jour, montant de chambre en chambre dans l'immense

château, elle se retrouva en haut d'un donjon face à la vieille

femme qui filait sa quenouille. La bonne vieille n'avait jamais

entendu parler de l'interdiction. La jeune fille n'avait vu comment

on filait la laine. Serait-elle suffisamment adroite pour filer ?

Oh ! Ce serait tellement amusant d'essayer.

La princesse veut juste faire un essai. Elle file, se pique la main

avec le fuseau, et tombe évanouie. La bonne vieille crie au

secours, tous les gens de la cour se précipitent, on la frappe

doucement, on la masse, la frotte avec des herbes, rien n'y

fait, elle reste sans connaissance. Le roi accourt et se souvient

de la prédiction des fées. Il fait placer la princesse dans le plus

bel appartement, sur un lit recouvert de broderies d'or et d'argent,

lui fait mettre ses plus beaux habits ; il ordonne qu'on la laisse

dormir. On voit qu'elle n'est pas morte, elle respire doucement.

Elle a la beauté d'un ange.

On fit venir la gentille fée qui lui avait sauvé la vie. Craignant que

la jeune princesse soit bien seule à son réveil, elle touche de sa

baguette magique tout le monde, sauf le roi et la reine, pour

qu'instantanément tous tombent dans un sommeil profond.

Pages, dames de compagnie, serviteurs, cuisiniers qui tournaient

la broche, seigneurs, laquais et musiciens gisent recroquevillés,

assis ou allongés un peu partout, un sourire bienveillant aux lèvres.

Le roi et la reine firent un baiser d'adieu à leur fille et dans le quart

d'heure qui suivit, de grandes ronces épineuses, des lianes

entrelacées, des buissons épais, des arbres de toutes tailles se

mirent à croître, rendant impossible l'accès au château.

Au bout de cent ans, un fils de roi partit à la chasse avec ses gens.

Rendu curieux par les tours qui dépassaient d'une forêt

impénétrable, il demanda à qui appartenait un si étrange château.

Personne ne put lui répondre.

L'un lui dit qu'il était certainement habité par des sorcières l'autre

par un ogre malfaisant, quand un très vieil homme qui habitait

ces bois, s'approcha et dit : " J'ai entendu raconter par mon

arrière-grand-père que dans la plus belle chambre de ce château,

dormait une princesse belle comme le jour, qui attendait le baiser

d'un prince pour se réveiller.

" Le fils de roi n'eut plus qu'un désir : y pénétrer.

Mais comment faire pour franchir cette muraille de ronces.

Comme il s'approchait, les ronces, les arbres s'écartèrent

doucement pour le laisser passer, lui et son cheval, se refermant

brutalement sur le reste de son équipage.

Il se retrouva seul, écoutant les meutes de ses chiens prisonniers

derrière la barrière. Un monde silencieux et étrange l'attendait.

Aucune feuille ne bougeait dans les arbres. Partout, aux alentours

du château, des hommes, des femmes, des animaux dormaient.

Après être passé au-dessus des gardes endormis, après avoir

traversé plusieurs salles, il découvrit et s'approcha d'une

princesse qui paraissait avoir quinze ou seize ans. Son

extraordinaire beauté, son éclat resplendissant lui allèrent droit

au cœur. Il se pencha vers la princesse endormie et l'embrassa.

Elle s'éveilla aussitôt : " Est-ce vous mon prince ? " lui demanda-

t-elle. La fin de l'enchantement était venu, tout le palais s'était

réveillé. Après le silence mortel, c'était un gentil brouhaha qui

montait des cuisines, du château tout entier. Tout le monde

courait, s'affairait et parlait en même temps. Pour célébrer ce

retour à la vie, les musiciens se mirent à jouer et ce fut une très

grande fête.

 

         

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DANSONS LA CAPUCINE

                              LA BELLE ET LA BÊTE

 

Il était une fois un marchand qui avait trois filles. Les deux aînées

étaient pleines d'orgueil, et ne se préoccupaient que de leurs robes

et de leurs bijoux. Elles ne cessaient d'insulter leur petite soeur qui,

en revanche, était la gentillesse même. Comme elle était aussi très

belle, on la surnommait la Belle. C'est elle qui préparait les repas et

s'occupait du ménage pendant que ses soeurs s'amusaient.

Un jour, le marchand reçut une lettre l'informant qu'une affaire

l'attendait en ville. Pleines d'espoirs, les soeurs aînées

demandèrent à leur père de leur rapporter de nouveaux habits.

"C'est promis, leur dit-il. Et toi, la Belle, ne veux-tu rien ?"

- Merci, père, répondit-elle, je n'ai besoin de rien. Cependant, si

vous trouviez une rose, je serais ravie d'en sentir le parfum."

Le père s'en alla. Ses affaires ayant été mauvaises, il décida de

rentrer. Sur le chemin du retour, dans la forêt, il vit soudain briller

une vive lumière.

S'approchant, il découvrit un magnifique palais. La porte étant

ouverte, il entra, appela, mais le château était vide. Il ressortit, et

dans les allées du jardin, aperçut des rosiers, et dans les allées du

jardin, aperçut des rosiers en abondance. Il se rappela ce que lui

avait demandé la Belle, et cueillit une rose.

C'est alors qu'un vacarme assourdissant se fit entendre. Une

créature monstrueuse apparut, qui s'écria : "Vous m'avez volé une

rose mon bien le plus précieux ! Pour cela, il vous faut périr.

A moins que vous n'ayez une fille qui veuille bien mourir à votre

place. Dans ce cas, allez la chercher, et vous aurez la vie sauve."

De retour, il fit part à ses filles de l'horrible marché. La Belle lui dit :

"Père, laissez-moi y aller. Si vous deviez disparaître, j'en mourrais

de chagrin." Le père se récria, mais la Belle ne voulut rien entendre.

Le lendemain, elle prit son cheval, qui l'emmena tout droit au palais

de la Bête. Une fois encore, le lieu semblait désert. Elle entra, visita

le château, et eut la surprise de voir une porte avec cette

inscription :

"Chambre de la Belle". A l'intérieur se trouvaient une bibliothèque et

des meubles magnifiques. A midi, elle trouva une table

somptueusement dressée, et se restaura pendant qu'une musique

merveilleuse lui parvenait aux oreilles. La journée passait et elle se

demandait quand la Bête allait enfin se montrer. Ce n'est que vers

neuf heures du soir qu'un grand bruit la fit trembler.

La Bête arrivait !

"Cela vous dérange-t-il que je vous regarde souper ? lui demanda-t-

elle.

- Maître, dit la Belle terrifiée, faites comme il vous plaira.

- Je suis votre serviteur, lui répondit la Bête qui ajouta : dites-moi

franchement, me trouvez-vous laid ?

- Vous êtes laid, mais vous êtes bon. Vous me recevez comme une

vraie princesse."

Elle n'avait déjà plus peur. Tout à coup, la Bête lui demanda :

" Voulez-vous m'épouser ?

- Non, répondit-elle aussitôt, surprise par la question. Et la Bête se

retira pleine de tristesse. Les jours passèrent.

Pour la Belle les mets les plus raffiné étaient préparés, et le matin

elle trouvait de superbes toilettes brodées d'or. Tous les soirs, la

Bête lui demandait gentiment : "Voulez-vous m'épouser ?" Et

chaque fois c'était la même réponse qui la remplissait de chagrin.

Un soir, la Bête lui demanda : Que puis-je faire encore pour votre

bonheur ?

- Je voudrais seulement revoir mon pauvre père, dit-elle.

- Alors promettez-moi de revenir dans huit jours.

Tenez : dès que vous poserez cette bague magique sur votre table

de nuit, vous serez transportée de nouveau ici.

- C'est promis" dit la Belle.

Puis la Bête fit claquer ses doigts, et la Belle se retrouva chez son

père. Il la serra très fort dans ses bras. Mais ses soeurs étaient très

mécontentes de la revoir. "Puisqu'elle doit repartir dans huit jours,

arrangeons-nous pour qu'elle reste plus longtemps, se dirent-elles.

Alors la Bête se vengera, et sûrement, elle la tuera." Le huitième

jour, elles firent semblant de pleurer son départ à chaudes larmes.

Alors la Belle eut pitié de ses sœurs : "Ne pleurez plus, dit-elle, je

vais rester encore un peu."

Quelques jours plus tard, la Belle rêva que la Bête était morte de

chagrin. Alors, inquiète, elle posa la bague sur sa table, et

instantanément elle fut transportée au palais. Elle chercha

longtemps la Bête, et finit par la trouver dehors, couchée près

d'un ruisseau, comme morte. Elle aspergea d'eau son visage, et

la Bête ouvrit les yeux. "Je croyais que vous m'aviez oublié, alors

je me laissais mourir de faim, dit la Bête.

- Non ! fit la Belle. Ne mourez point. Je veux vous épouser.

A ces mots, le château s'illumina et des feux d'artifice jaillirent de

toutes parts.

La Belle émerveillée, regarda le ciel et lorsqu'elle baissa les yeux,

qu'elle ne fut pas sa surprise de voir, à la place de la Bête, un beau

prince qui la regardait avec amour.

"Qu'est devenue la Bête ? lui demanda-t-elle.

- Elle est devant vous, lui répondit le gentil prince.

Une méchante fée m'avait jeté un sort, ma condamnant à garder

cette apparence jusqu'à ce qu'une belle jeune fille consente un jour

à m'épouser."

C'est ainsi que la Belle et la Bête se marièrent en de superbes

noces, et qu'ils vécurent longtemps, dans le plus grand bonheur.

 

         

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BLANCHE-NEIGE

 

Il était une fois une reine qui se piqua le doigt, et voyant une perle

de sang sur la neige blanche, elle songea qu'elle aimerait avoir

une petite fille avec des lèvres aussi rouges que le sang, la peau

aussi blanche que la neige, les cheveux et les yeux aussi noirs

que l'ébène. Ce qu'elle avait souhaité si fort se réalisa

La petite fille fut appelée Blanche-Neige.

Mais peu de temps après, la gentille reine mourut, et le roi se

remaria avec une femme très belle, extrêmement vaniteuse, qui

à tout moment, se tournait vers son miroir magique et lui

demandait : " Miroir ! Gentil miroir, dis-moi qui est la plus belle ? "

Le miroir qui ne pouvait mentir, lui répondait qu'elle était la plus

belle d'entre toutes. Ceci jusqu'au jour, où il lui répondit que

certes, elle était très belle mais que Blanche-neige était bien plus

belle encore.

Une jalousie, une haine féroce envahit la reine. Elle ordonna à un

chasseur de tuer Blanche-Neige, et de lui rapporter son cœur.

Le chasseur qui avait reçu les ordres entraîna l'enfant dans les

bois. Mais là, ému par son innocence et sa beauté, son bras se

figea dans l'air, il n'eut pas la force de la tuer. Il lui dit de s'enfuir

très loin, de courir sans jamais s'arrêter. Il tua alors un chevreuil

et en rapporta le cœur à la reine. Celle-ci, ne se doutant de rien,

le mangea en croyant que c'était celui de Blanche- Neige.

Dans la forêt, la pauvre Blanche-Neige s'arrêta de courir à la

nuit tombée. Tremblante de peur, de faim et de froid, elle aperçut

une lumière. C'était une maisonnette. Elle s'approcha, frappa, il

n'y avait personne. Plus morte que vive, elle y pénétra.

A l'intérieur, tout était minuscule, propre et rangé. Il y avait sept

petites chaises, sur la table sept petits couverts et sept petits

gobelets. Elle but dans chacun. Il y avait sept petites assiettes

remplies de nourriture, et elle mangea un peu de chaque. Il y avait

enfin sept petits lits, aux draps blancs, elle s'endormit dans le

dernier.

Les sept nains qui habitaient la maisonnette rentrèrent à la nuit

tombée. Quelle ne fut pas leur surprise, quand ils virent que

quelqu'un avait mangé leur soupe, bu dans leurs gobelets, et que

ce quelqu'un dormait dans leur lit ! Mais ils ne réveillèrent pas

Blanche-Neige.

Le lendemain, elle leur raconta ses mésaventures, ils lui

demandèrent de rester, de les aider à faire la cuisine et le

ménage, ainsi elle serait à l'abri de la méchante reine. Ils

explosèrent de joie quand elle accepta.

Avant de repartir au travail, le lendemain matin, ils lui

recommandèrent de surtout n'ouvrir la porte à personne.

La méchante reine, qui était aussi une sorcière, questionna de

nouveau son miroir. Elle fut très surprise d'entendre celui-ci lui

dire que si elle était belle, Blanche-Neige, qui habitait chez les

sept nains, étaient mille fois plus belle encore.

Elle décida cette fois d'agir elle même. Elle mit du poison dans

une belle pomme rouge et déguisée en marchande, s'approcha

de la maison des sept nains. Blanche-Neige sans se méfier porta

à la bouche le beau fruit rouge que lui tendait la fausse

marchande.

A peine avait-elle avalé la première bouchée qu'elle tomba raide

morte. La sorcière s'enfuit en riant.

Quand les sept nains revinrent du travail, ils trouvèrent Blanche-

Neige inanimée, étendue sur le sol.

Ils firent tout pour la faire revivre, mais elle resta sans vie. Ils

pleurèrent pendant trois jours. Comme elle restait aussi

délicieusement belle, gardant ses couleurs, ils ne purent se

résoudre à l'enterrer. Ils l'allongèrent dans un cercueil de verre,

qu'ils transportèrent sur une colline, à la lumière du soleil. Nuit et

jour, à tour de rôle, un nain veillait sur elle, pendant que les autres

partaient travailler.

Un fils de roi, qui passait par là, vint demander de l'eau. Voyant

Blanche-Neige dans son cercueil transparent, il resta tellement

fasciné par sa beauté qu'il en tomba amoureux. Comme il la

prenait dans ses bras, un morceau de pomme empoisonné

tomba de la bouche de Blanche-Neige. Elle ouvrit les yeux, sans

comprendre où elle se trouvait, mais se sentit vibrer dans son

royaume et les sept nains assistèrent à leur mariage.

 

 

         

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DANSONS LA CAPUCINE

BOUCLE D'OR

 

Il était une fois une petite fille qui avait de longs cheveux blonds,

tout dorés, et qui s'appelait Boucle d'Or. Elle habitait avec sa

maman dans une jolie maison au bord de la forêt. Un jour, elle a dit

à sa maman : Je dois aller me promener, et je te rapporterai de

belles fleurs que je cueillerai spécialement pour toi. Si tu veux,

Boucle d'Or. Mais fais attention, ne va pas loin ! Tu pourrais te

perdre !" Boucle d'Or mit son panier sous son bras et partit. Elle a

commencé à cueillir de belles marguerites. Puis, un peu plus loin,

il y avait des bleuets. Et encore plus loin, des coquelicots !

En courant de fleurs en fleurs, Boucle d'Or a fini par perdre la notion

du temps...Il y avait une grande table avec trois assiettes de soupe

au miel et au riz qui sentait très bon : une grande assiette, une

assiette moyenne et une tout petite assiette.

Et autour de la table, il y avait trois fauteuils qui avaient l'air très

confortables : un grand fauteuil, un moyen fauteuil et un tout petit

fauteuil. Boucle d'Or s'est assise sur le grand fauteuil mais il était

trop dur, elle était mal installée. Elle a essayé le moyen fauteuil,

mais le coussin état trop mou et elle glissait.

Alors elle s'est assise su le tout petit fauteuil, mais elle était trop

lourde, les pieds du fauteuil se sont cassés et elle est tombée par

terre !

Ensuite, elle a voulu goûter la soupe. Elle a pris une cuillère de la

grande assiette de soupe. Et comme elle était très fatiguée, elle a

voulu aller se reposer. Elle est montée dans la chambre où elle a

vu trois lits, un moyen lit et un tout petit lit.

Elle a essayé le grand lit, mais il y faisait trop chaud, elle n'était pas

bien. Elle a essayé le lit moyen mais la couverture la grattait, elle

n'arrivait pas à s'endormir.

Elle s'est alors couchée dans le tout petit lit, et comme elle y était

très bien, elle s'est endormie profondément. Pendant ce temps,

les ours à qui appartenait la maison avaient fini de faire leur

promenade avant le dîner et ils rentraient chez eux. Dès qu'ils

eurent poussé la porte, ils ont senti que quelqu'un était venu et ils

se sont mis à fouiller dans la pièce en reniflant partout.

"On a bougé mon fauteuil, s'exclama Papa Ours de sa grosse voix.

- On a touché à mon coussin, cria Maman Ourse avec sa moyenne

voix.

- Regardez, on a cassé ma chaise", dit Bébé Ours en pleurant

avec sa toute petite voix. Puis, ils se sont approchés de la table.

"On a léché ma cuillère, a grogné Papa Ours avec sa grosse

voix.

- On a touché mon assiette, a dit Maman Ourse de sa moyenne voix.

- Regardez, on a mangé toute ma soupe, je n'ai plus de dîner", a dit

Bébé Ours, en pleurant avec sa touts petite voix.

Les ours sont alors montés dans leur chambre. Papa Ours a reniflé

en grognant de sa grosse voix :

"On s'est couché sur mon oreiller !

- Et on a tiré ma couverture, a dit Maman Ourse avec sa moyenne

voix.

- Regardez, regardez, il y a une petite fille endormie dans son lit",

a crié Bébé Ours avec sa toute petite voix. Quand Boucle d'Or a

entendu la voix des ours penchés au-dessus d'elle, elle a eu très

très peur.

Vite, vite, elle a sauté du lit, elle a enjambé la fenêtre et s'est enfuie

vers la forêt. et elle est rentrée chez elle en courant sans se

retourner ! Et les ours n'ont plus jamais revu Boucle d'Or dans leur

maison de la forêt.

 

         

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DANSONS LA CAPUCINE

CENDRILLON

 

Il était une fois un gentilhomme qui épousa une femme dure et

hautaine. Celle-ci avait deux filles d'un précédent mariage, qui

lui ressemblaient. Le mari, de son côté, avait une fille douce,

d'une très grande bonté. sa nouvelle femme ne put supporter

cette jeune fille ; elle la chargea des plus viles occupations de

la maison. Celle-ci frottait du matin au soir au soir et vivait dans

la misère, n'osant aller se plaindre à son père. Lorsqu'elle avait

fini son travail, elle allait se blottir au coin de la cheminée et

s'asseoir dans les cendres, c'est pourquoi on l'appelait Cendrillon.

Mais même vêtue de haillons, elle était encore cent fois plus belle

que ses sœurs aux habits magnifiques.

Le fils du roi donna un bal, auquel il pria toutes les personnes de

qualité de venir. Nos deux demoiselles y furent invitées, mais pas

Cendrillon ; pendant qu'elle préparait les toilettes de ses deux

sœurs, celles-ci lui demandèrent d'un air moqueur si cela lui

plairait d'aller au bal. La pauvre fille avait conscience des pauvres

vêtements rapiécés qu'elle portait, comment aurait-elle pu aller au

bal, habillée ainsi ?

L'heureux jour arriva ; les demoiselles partirent, Cendrillon  se

sentit submergée par les larmes. Sa marraine, qui était fée,

arriva par enchantement, et la voyant tout en pleurs, lui dit :

"Si tu veux aller au bal, fais ce que je te dis. Va dans le jardin

et apporte-moi une citrouille ! Ensuite, va chercher une cage à

souris ! " La fée frappe de sa baguette magique la citrouille, qui

se transforme en un magnifique carrosse doré. Six souris sortent

de la souricière et sont transformées en un superbe attelage de

chevaux gris pommelé. Un rat qui passait par là est aussitôt

transformé en cocher moustachu, et les laquais ? Six lézards

cachés derrière l'arrosoir, à peine touchés par la baguette,

montent en habits chamarrés derrière le carrosse.

La fée dit alors à Cendrillon : " Voilà de quoi aller au bal !" Mais

irait-elle avec ces vilains habits ? A peine effleurée par la

baguette de sa marraine, ses haillons se changent en habits d'or

et d'argent ; celle-ci lui donne ensuite les plus jolis souliers de

verre. Parée comme une princesse, Cendrillon pleine joie monte

dans le carrosse, après avoir promis de rentrer du bal avant minuit.

Sa marraine l'avertit qu'au douzième coup de minuit, son carrosse

redeviendra citrouille, les laquais lézards, les chevaux souris, le

cocher rat, ses habits haillons. Arrivée au château, elle fut reçue

comme une princesse. Le prince n'eut d'yeux que pour cette belle

inconnue qui dansait avec tant de grâce ; c'est à peine si, dans la

douleur du moment, Cendrillon entendit sonner

onze heures trois quarts. Aussitôt, elle se dépêcha de rentrer. Elle

remercia sa marraine et lui demanda de retourner au bal, ce

qu'elle fit le lendemain. Elle était encore plus belle, plus éclatante

que la première fois. Le fils du Roi ne cessa de danser avec elle,

et dans son bonheur elle en oublia l'heure.

Entendant le premier coup de minuit, elle s'enfuit aussi légèrement

qu'une biche ; le prince la suivit, mais ne put que ramasser son

soulier de verre qu'elle avait perdu.

Cendrillon était encore dans le grand escalier quand le dernier

coup de minuit sonna ; aussitôt elle se retrouva dans ses vieilles

guenilles. En bas, au lieu d'un carrosse, une citrouille l'attendait.

Elle rentra à pied, mais elle cachait dans la poche de ses vilains

habits l'autre petit soulier de verre. Ses deux sœurs lui

annoncèrent qu'une belle princesse avait perdu un de ses souliers

au bal. Le fils du Roi l'avait ramassé, et n'avait cessé de le

contempler. Il était assurément fort amoureux de la belle personne.

Peu de jours après, le fils du roi fit annoncer qu'il épousera celle

dont le pied s'ajusterait au soulier.

Toutes les dames de la cour l'essayèrent ; les deux sœurs

l'essayèrent aussi, mais inutilement. Cendrillon demanda elle

aussi à l'essayer ; ses sœurs se moquèrent. Le gentilhomme qui

faisait l'essai du soulier, la fit asseoir et constata que son petit

pied rentrait dans le soulier ; l'étonnement des deux sœurs fut

encore plus grand Cendrillon mit à son autre pied le second soulier.

Elles lui demandèrent pardon. Cendrillon leur pardonna.

On la mena au jeune prince, et peu après il l'épousa.

 

         

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LE CHAT BOTTE

 

Il était une fois un meunier qui avait trois fils. Lorsqu'il mourut, il ne

leur laissa pour tout héritage que son moulin, son âne et son chat.