JACQUES ET LE
HARICOT MAGIQUE
Jacques vivait avec sa maman dans une toute
petite maison. Il
n'avait jamais connu son père. Sa mère
effectuait de menus travaux
de couture dans le voisinage, pendant que
Jacques s'occupait du
jardin potager, et de leur unique vache,
Doucette, qu'il trayait
chaque jour.
Cette année-là, l'hiver fut très froid, et
au printemps le potager
ne donna presque rien.
Un matin, la mère de Jacques lui annonça
avec tristesse :
"Nous ne pouvons plus nourrir Doucette.
Il faut aller la vendre au
marché."
Comme elle travaillait jusqu'au soir, elle
demanda à Jacques
d'emmener le pauvre animal. "Essaie d'en
tirer un bon prix" lui
dit-elle. Jacques s'en alla donc, menant
Doucette au bout d'une
corde. En chemin, il rencontra un vieil homme
vêtu de haillons.
"Où vas-tu avec ta jolie vache ?
demanda-t-il à Jacques.
- Je vais la vendre au marché, répondit-il,
car maman et moi avons
grand besoin d'argent.
- Je te l'achète contre ces graines magiques
de haricot, fit le vieil
homme. Grâce à elles, ta mère et toi,
oublierez à jamais tous vos
soucis."
Jacques voulait par-dessus tout faire plaisir
à sa maman. Il accepta
sur le champs.
"Attention ! dit encore le vieil homme.
Grâce à ces graines tu
pourras découvrir un trésor qui m'a été
volé voilà bien longtemps
par un géant terrible et vorace. Si tu
parviens à le récupérer,
il t'appartiendra.
- D'accord", répondit Jacques, content
d'avoir fait une affaire.
Il avait hâte d'annoncer la nouvelle en
rentrant à la maison.
Lorsque sa maman vit que Jacques rapportait
des graines de haricot
à la place de l'argent, elle lui arracha le
sachet en s'écriant :
"Va te coucher immédiatement ! De toute
façon, il n'y a rien pour le
souper". Et, désespérée, elle jeta les
graines par la fenêtre.
Le lendemain matin, lorsque Jacques se
réveilla, il faisait grand jour.
Il ouvrit un oeil et s'étonna :
"Derrière sa fenêtre, quelque chose
empêchait la lumière de passer. Ecarquillant
les yeux, il constata
avec stupeur qu'une plante géante munie de
feuilles gigantesques
avait poussé pendant la nuit.
C'était un énorme haricot magique
!
Jacques ouvrit la fenêtre et regarda la
fenêtre et regarda en l'air :
"Il ne voyait même pas le sommet du
haricot. Prenant appui sur le
rebord de la fenêtre, il grimpa sur la tige.
Le trésor est là-haut",
pensa-t-il. Quelques temps plus tard, il
traversait les nuages qui se
transformèrent comme par magie en une jolie
campagne. Il sauta
du haricot et choisit une direction au hasard.
Il espérait trouver de
quoi se désaltérer et aussi de quoi manger :
depuis la veille, il
n'avait rien avalé. Il marcha deux bonnes
heures, lorsqu'il se
retrouva, épuisé, près d'une immense
maison. Il frappa à la porte.
Une servante lui ouvrit.
"J'ai soif, j'ai faim et je suis
fatiguée, dit-il à la jeune femme, puis-
je entrer ma reposer ?
- Hélas ! Je voudrais bien t'offrir le gîte,
petit, répondit-elle. Mais
mon maître est un géant qui a déjà mangé
plusieurs enfants. Si tu
entres ici, c'en sera fini de toi."
Jacques faillit se mettre à pleurer. Mais à
l'étage, il entendit une
voix tonitruante : "Alors, ce marcassin
est-il bientôt prêt ?
- Une minute, Seigneur ! ", répondit la
servante. Elle attrapa la main
de Jacques et ouvrit la porte du garde-manger
en lui disant :
"Cache-toi tout au fond !". Le
géant descendit les marches à grand
bruit. "Ah ! Ca sent la chair fraîche,
par ici ! Tu as fait entrer
quelqu'un !
- Pas le moindre du monde, Seigneur, dit la
servante.
C'est certainement l'odeur du marcassin que
j'ai préparé.
- Ca m'étonnerait !", dit le géant. Et
il se mit à chercher dans tous
les coins en criant : "Ca sent bon la
chair fraîche !"
Il ouvrit tous les placards et regardait sous
les buffets.
Dissimulé derrière d'énormes tas de jambons
Jacques tremblait
comme une feuille morte.
"Vite, à table, Seigneur, dit la
servante, cela va être froid.
- Alors, sers-moi donc, et plus vite que ça
!", fit-il.
Elle remplit l'assiette gigantesque, puis posa
sur la table trois gigots,
un chevreuil, quatre dindes et deux douzaines
de tranches de boeuf
grillé.
Après ce formidable repas, le géant appela
sa servante :
"Donne-moi mes sacs de pièces d'or, que
je m'amuse un peu
avec !"
Elle apporta au géant une grande sacoche de
toile, très lourde, qu'elle
posa sur la table. Le géant, ravi, composait
des motifs avec les
pièces. Il déclara ensuite qu'il avait bien
mérité une bonne sieste.
Se laissant tomber sur la table, il se mit à
ronfler bruyamment.
Jacques décida alors de profiter de
l'occasion, et avec mille
précautions, il se glissa hors de sa
cachette. Il s'avança vers la table
sur la pointe des pieds, et, sans faire de
bruit, remit les pièces d'or
dans leur grande sacoche et s'en empara.
Son lourd bagage à l'épaule, il se dirigea
vers la porte de la maison.
Mais en passant le seuil, la sacoche heurta la
porte, réveillant le
géant qui se leva d'un bond.
Jacques prit ses jambes à son cou et s'enfuit
en direction du haricot.
Le géant trébucha sur le seuil de la porte ;
il mit si longtemps à se
relever que le jeune garçon put prendre une
bonne longueur
d'avance.
Il arriva bon premier au haricot, s'élança,
et se laissa glisser d'un
trait jusqu'au sol.
Le géant était tellement lourd que lorsqu'il
s'accrocha au haricot,
la tige plia du côté de la mer.
Déséquilibré, le géant tomba, plongea
dans l'océan et se noya. A son retour à la
maison, sa mère accueillit
Jacques avec ses cris de joie. Grâce à l'or,
et grâce au vieux
monsieur, ils purent acheter plusieurs vaches,
des oies et des
lapins.
Et depuis, ils ont toujours l'air heureux, et
leur jardin donne des
fleurs et des fruits merveilleux.
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