LE TROIS PETITS COCHONS
Il était une fois trois petits cochons qui s'en allèrent de par le
monde pour faire fortune.
Le premier petit cochon rencontra un paysan qui portait une
grosse botte de paille sur son dos. "S'il vous plaît, Monsieur,
donnez-moi un peu de votre paille pour que je puisse me
construire une petite maison." L'homme accepta et le petit
cochon se construisit une jolie maisonnette toute en paille.
Quelques jours plus tard, il entendit des coups frappés à la
porte. C'était le loup.
"Petit cochon, laisse-moi vite entrer, criait-il.
- Jamais de la vie ! Par ma queue en tire-bouchon ! répondit
le petit cochon.
- Attends un peu ! Je vais souffler de toutes mes forces. Et ta
maison de paille va s'envoler dans les airs !" Le loup souffla
si fort que la maison de paille fut projetée très haut dans le
ciel.
Puis le loup se jeta sur le petit cochon et le dévora.
Le deuxième petit cochon rencontra un homme qui portait
sur son dos un fagot de joncs. "S'il vous plaît, monsieur,
donnez-moi quelques joncs pour que je puisse me construire
une petite maison."
L'homme accepta et le petit cochon se construisit une jolie
maisonnette toute en joncs. Quelques jours plus tard, le loup
arrive et crie : " Petit cochon, laisse-moi vite entrer !"
Le petit cochon cria encore plus fort que le loup : "Jamais de
la vie ! Par ma queue en tire-bouchon !
- Attends un peu ! Je vais souffler si fort que ta maison va
s'envoler dans les airs !"
Et le loup souffla si fort que la maison de joncs fut projetée très
haut dans le ciel. Puis le loup se jeta sur le deuxième petit
cochon et le dévora.
Le troisième petit cochon rencontra un homme qui poussait
une brouette remplie de briques rouges. "S'il vous plaît,
monsieur, donnez-moi quelques-unes de vos briques pour
que je puisse me construire une petite maison."
L'homme accepta et notre troisième petit cochon se
construisit une jolie maison toute en briques rouges. Le loup
arriva à toute vitesse :"Petit cochon, laisse-moi entrer ! cria-
t-il.
- Jamais de la vie ! par ma queue en tire-bouchon !
Et le loup siffla de toutes ses forces. Mais la maison de
briques rouges ne bougea pas d'un pouce.
Le loup, surpris et furieux à la fois, chercha une ruse.
"Bientôt ce cochon finira dans mon ventre", pensa-t-il.
" Petit cochon, dit-il doucement, je connais un superbe
champ de navets. Voudrais-tu que je te dise où il est ?
-Oh ! oui ! Dis-le moi, s'il te plaît !
- Ce champ est tout à côté de la maison du menuisier.
Si tu te lèves tôt demain matin, nous pourrons aller
ensemble chercher une grosse botte de navets pour
notre déjeuner. Qu'en penses-tu ?
- L'idée est excellente. A quelle heure viendras-tu me
chercher ? demanda le petit cochon.
- A six heures du matin, si cela te va" répondit le loup.
Mais le lendemain matin, le petit cochon se leva à cinq
heures du matin. Il alla tout seul dans le champ dont lui
avait parlé le loup. Il se remplit un plein panier de navets
et rentra chez lui, tout joyeux.
A six heures précises, le loup arriva devant la maison
du petit cochon. "Tu es prêt ? dit-il.
- Plus que prêt, répond notre petit cochon. J'ai même eu
le temps d'aller chercher des navets pour mon déjeuner !"
Le loup était furieux, mais il ne le montra pas. Il dit
simplement d'un ton aimable :" Petit cochon, je connais
un endroit où il y a un pommier couvert de pommes.
- S'il te plaît, dis-moi où il est !
- Tout au fond du jardin du boulanger. Si tu te lèves demain
matin à cinq heures, nous pourrons y aller ensemble."
Mais le lendemain matin, le petit cochon sauta de son lit
avant même que quatre heures aient sonné. Il alla vite au
fond du jardin du boulanger. Mais il n'avait pas pensé que
la route était plus longue et qu'il devait grimper en haut du
pommier. Il était à peine arrivé au sommet de l'arbre qu'il
aperçut le loup. "Eh bien, petit cochon, je vois que tu ne m'as
pas attendu pour goûter les pommes. J'espère qu'elles sont
bonnes, au moins !
- Délicieuses ! répondit le petit cochon.
- Tiens ! En voilà une belle que j'ai cueillie tout exprès pour toi !"
Et il la lui lança le plus loin possible. Le loup courut pour
l'attraper. Pendant qu'il la cherchait dans l'herbe, le petit
cochon eut le temps de descendre de l'arbre et de rentrer à
toute vitesse dans sa petite maison. Le loup ne se découragea
pas et dès le lendemain, il alla trouver le petit cochon. "Je vais
à la foire cet après-midi. Voudrais-tu m'y accompagner ?
demanda-t-il.
- Avec plaisir ! A quelle heure viendras-tu me chercher ?
-A trois heures précises", répondit le loup.
Le petit cochon partit tout seul à la foire, en ayant pris une
bonne avance. Il acheta un tonneau de bois et rentra chez lui.
Au milieu de la route, il vit le loup qui venait à sa rencontre.
Que faire ? Il n'y avait qu'une solution : se cacher dans le tonneau !
Mais pendant qu'il se glissait dedans, le tonneau se mit à rouler
le long de la pente, droit sur le loup. Le loup prit ses jambes à
son cou en hurlant de peur. Et il oublia complètement d'aller à la
foire.
Le lendemain, à travers la porte, le loup raconta au petit cochon
la peur affreuse qu'il avait eue : un tonneau avait roulé droit sur lui.
Un peu plus, et il était tué sur-le-champ !
"tu ne devineras jamais qui était dans le tonneau, dit le petit
cochon en riant aux éclats. Je sui allé tout seul à la foire, j'ai
acheté un tonneau et quand je t'ai vu, je me suis caché dedans.
Et puis je l'ai fait rouler dans ta direction !"
C'en était trop pour le loup. Il fallait en finir avec ce maudit cochon.
"Attends un peu ! marmonne-t-il. Je vais me glisser par la cheminée
et je vais dévorer ce cochon tout cru."
Mais le petit cochon l'entendit qui marchait sur le toit de la maison.
Il prit une énorme marmite pleine d'eau bouillante et la plaça dans
l'âtre. Au moment précis où le loup arrivait par la cheminée, il
souleva le couvercle de la marmite. Le loup y tomba, la tête la
première. Aussitôt le petit cochon reposa le couvercle sur la
marmite. Quand le loup fut bouilli à point, le petit cochon en fit son
dîner. Et puis ce jour, il vit tranquille dans sa petite maison de
briques rouges.
BOUCLE D'OR
Il était une fois une petite fille qui avait de longs cheveux blonds,
tout dorés, et qui s'appelait Boucle d'Or. Elle habitait avec sa
maman dans une jolie maison au bord de la forêt. Un jour, elle a dit
à sa maman : Je dois aller me promener, et je te rapporterai de
belles fleurs que je cueillerai spécialement pour toi. Si tu veux,
Boucle d'Or. Mais fais attention, ne va pas loin ! Tu pourrais te
perdre !" Boucle d'Or mit son panier sous son bras et partit. Elle a
commencé à cueillir de belles marguerites. Puis, un peu plus loin,
il y avait des bleuets. Et encore plus loin, des coquelicots !
En courant de fleurs en fleurs, Boucle d'Or a fini par perdre la notion
du temps...Il y avait une grande table avec trois assiettes de soupe
au miel et au riz qui sentait très bon : une grande assiette, une
assiette moyenne et une tout petite assiette.
Et autour de la table, il y avait trois fauteuils qui avaient l'air très
confortables : un grand fauteuil, un moyen fauteuil et un tout petit
fauteuil. Boucle d'Or s'est assise sur le grand fauteuil mais il était
trop dur, elle était mal installée. Elle a essayé le moyen fauteuil,
mais le coussin état trop mou et elle glissait.
Alors elle s'est assise su le tout petit fauteuil, mais elle était trop
lourde, les pieds du fauteuil se sont cassés et elle est tombée par
terre !
Ensuite, elle a voulu goûter la soupe. Elle a pris une cuillère de la
grande assiette de soupe. Et comme elle était très fatiguée, elle a
voulu aller se reposer. Elle est montée dans la chambre où elle a
vu trois lits, un moyen lit et un tout petit lit.
Elle a essayé le grand lit, mais il y faisait trop chaud, elle n'était pas
bien. Elle a essayé le lit moyen mais la couverture la grattait, elle
n'arrivait pas à s'endormir.
Elle s'est alors couchée dans le tout petit lit, et comme elle y était
très bien, elle s'est endormie profondément. Pendant ce temps,
les ours à qui appartenait la maison avaient fini de faire leur
promenade avant le dîner et ils rentraient chez eux. Dès qu'ils
eurent poussé la porte, ils ont senti que quelqu'un était venu et ils
se sont mis à fouiller dans la pièce en reniflant partout.
"On a bougé mon fauteuil, s'exclama Papa Ours de sa grosse voix.
- On a touché à mon coussin, cria Maman Ourse avec sa moyenne
voix.
- Regardez, on a cassé ma chaise", dit Bébé Ours en pleurant
avec sa toute petite voix. Puis, ils se sont approchés de la table.
"On a léché ma cuillère, a grogné Papa Ours avec sa grosse
- On a touché mon assiette, a dit Maman Ourse de sa moyenne voix.
- Regardez, on a mangé toute ma soupe, je n'ai plus de dîner", a dit
Bébé Ours, en pleurant avec sa touts petite voix.
Les ours sont alors montés dans leur chambre. Papa Ours a reniflé
en grognant de sa grosse voix :
"On s'est couché sur mon oreiller !
- Et on a tiré ma couverture, a dit Maman Ourse avec sa moyenne
- Regardez, regardez, il y a une petite fille endormie dans son lit",
a crié Bébé Ours avec sa toute petite voix. Quand Boucle d'Or a
entendu la voix des ours penchés au-dessus d'elle, elle a eu très
très peur.
Vite, vite, elle a sauté du lit, elle a enjambé la fenêtre et s'est enfuie
vers la forêt. et elle est rentrée chez elle en courant sans se
retourner ! Et les ours n'ont plus jamais revu Boucle d'Or dans leur
maison de la forêt.
LE PETIT SOLDAT DE PLOMB
Il était une fois vingt-cinq soldats de plomb, tous frères car tous nés
d'une vieille cuillère de plomb. Ils se tenaient l'arme au bras, la tête
droite et leur uniforme était rouge et bleu. La première chose qu'ils
entendirent, lorsqu'on ôta le couvercle de leur boîte, fut : "Des
soldats de plombs !", crié par un petit garçon qui les avait reçus
pour son anniversaire. Il les alignait maintenant sur la table.
Chaque soldat ressemblait aux autres. Un seul était différent : il
n'avait qu'une jambe. Mais il se tenait aussi ferme sur cette jambe
que les autres sur deux.
Sur la table où les petits soldats de plomb étaient rangés, il y
avait beaucoup d'autres jouets ; mais le plus remarquable était
un beau château en papier. Par les fenêtres on pouvait voir jusque
dans les salles. Au dehors, des petits arbres entouraient un miroir
figurant un lac ; des cygnes en cire s'y reflétaient. Tout cela était
ravissant mais ce qu'il y avait de plus charmant encore, c'était
une petite demoiselle qui se trouvait devant la porte du château.
Elle aussi était en papier. Elle portait un jupon de tulle et, en guise
d'écharpe, un mince ruban bleu au milieu duquel étincelait une
paillette aussi grande que son visage. La demoiselle étirait ses
bras en l'air, parce qu'elle était danseuse, et elle levait une de
ses jambes si haut que le petit soldat de plomb ne put l'apercevoir.
Il crut que la demoiselle n'avait qu'une jambe comme lui.
"Ce serait une femme idéale pour moi, songea-t-il, mais comme
elle est distinguée ! Elle habite un château, et moi seulement une
boîte dans laquelle nous sommes déjà vingt-cinq...
Malgré tout, il faut que j'essaie de faire sa connaissance."
Et il se cacha derrière une tabatière qui était sur la table. Là il
pouvait mieux admirer la petite demoiselle qui restait debout sur
une jambe sans perdre l'équilibre.
Le soir venu, les soldats de plomb rentrèrent dans leur boîte et les
habitants de la maison allèrent se coucher. Notre petit soldat se
dissimula derrière la tabatière. Quand minuit sonna, clac ! le
couvercle sauta ; un petit diable apparut ; la tabatière était en
réalité une boîte à surprise. "Soldat de plomb, dit le diablotin,
arrête un peu de regarder la petite demoiselle et met tes yeux
dans ta poche !"
Mais le soldat fit semblant de ne pas entendre.
"Attends voir jusqu'à demain !", reprit le diablotin.
Et le lendemain, lorsque les enfants se levèrent, ils placèrent
le soldat de plomb sur le rebord de la fenêtre ; mais tout à coup,
la fenêtre s'ouvrit et il tomba du troisième étage, la tête la première
sur le pavé. Il atterrit sur son shako, la jambe en l'air et la
baïonnette fichée entre les pavés. La servante et le petit garçon
descendirent le chercher, mais ils ne le retrouvèrent pas. La pluie
commença à tomber. Ce fut bientôt un vrai déluge.
Après l'orage, deux gamins des rues vinrent à passer : "Dis donc !
fit l'un, voilà un soldat de plomb qui ne demande qu'à naviguer. "
Ils confectionnèrent un bateau avec un vieux journal, mirent dedans
le soldat de plomb et le lâchèrent dans le caniveau rempli d'eau ;
les deux gamins le suivaient en battant des mains. Le soldat de
plomb, ballotté en tous ses sens, restait impassible. Soudain, le
bateau fila sous une planche qui recouvrait le caniveau et
s'engouffra dans l'égout. "Il fait aussi noir que dans ma boîte, dit le
soldat de plomb. Où vais-je atterrir maintenant ? Si seulement la
petite demoiselle était avec moi !" Au même moment surgit un
gros rat qui lui cria : "Passeport ! Et plus vite que ça !" Mais le
soldat de plomb ne répondit pas et serra très fort son fusil. Le
courant l'entraînait déjà vers la sortie de l'égout qui se jetait dans
la rivière. Le bateau tournoya plusieurs fois sur lui-même, se
remplit d'eau et sombra. Heureusement, le papier journal se
déchira et le soldat passa au travers. Et au même instant, il fut
avalé par un gros poisson. "Il fait encore plus noir que tout à
l'heure", pensa le soldat de plomb. Mais il restait immobile,
l'arme au bras.
Le poisson s'agitait de tous côtés. Brusquement, ses soubresauts
cessèrent. Le soldat de plomb vit la lumière du jour et entendit une
voix qui criait : "Regardez ce que j'ai trouvé dans le ventre du
poisson !
Un soldat de plomb !" C'était la cuisinière qui avait acheté le poisson
au marché et qui le préparait pour le déjeuner. Elle apporta le petit
soldat dans le salon. Oh ! Surprise, il reconnut les enfants, leurs
jouets, le château de papier et la charmante petite danseuse.
Elle était restée bravement dans la même position, la jambe tendue
en l'air et il en fut tout ému. Il la regarda, elle le regarda aussi,
mais ils ne se dirent pas un mot. Soudain, sans la moindre raison,
le petit garçon le saisit et le jeta au feu.
Le petit soldat de plomb fut envahi d'une chaleur horrible. Il se
sentait fondre peu à peu il perdit sa forme mais il regardait toujours
la petite demoiselle, en tenant fermement son fusil. C'est alors qu'un
courant d'air fit voler la danseuse dans le feu, près du soldat.
En un instant, elle disparut dans les flammes.
Le lendemain matin, quand la servante balaya les cendres de la
cheminée, elle trouva un petit cur de plomb et une paillette, que
le feu avait rendu noirs comme du charbon.
PIERRE ET LE LOUP
Il était une fois, dans un pays appelé Russie, un petit garçon qui
répondait au nom de Pierre. Il habitait chez son Grand-Papa dans
une jolie maison de bois. Un jour le petit Pierre eut envie de
prendre l'air. Il sortit du jardin de son grand-père, laissant le portail
grand ouvert. Non loin de là, poussait un grand arbre. Pierre y
retrouva son ami le petit oiseau. Comme la clôture était ouverte, le
canard en profita pour sortir lui aussi et aller faire un plongeon dans
la mare. Le petit oiseau vint se poser sur la rive et commença à se
moquer de lui : "Toujours je te vois nager, Canard, lui dit-il, ou bien
encore marcher.
Mais quel genre d'oiseau es-tu si tu ne peux nager ?", lui répondit le
canard. Et ils continuèrent à se chamailler, chacun voulant avoir le
dernier mot.
Non loin de là, se promenait le chat. Tout doucement,
silencieusement, il se glissait entre les hautes herbes. "Oh ! Quel
beau ramage ! Quels jolis gazouillements ! se dit-il en entendant le
petit oiseau. Voilà qui fera, à mon avis, un délicieux déjeuner."
Il s'approchait de plus en plus près. "Attention !", cria Pierre.
L'oiseau eut tout juste le temps de se percher sur la branche. Le
canard, resté au milieu de la mare lançait au chat de grands
coin-coin courroucés. Le chat regardait le petit oiseau en se
demandant : "Cela vaut-il la peine que je me fatigue à grimper dans
l'arbre pour attraper ce satané volatile ? Le temps que j'arrive
là-haut, je parie qu'il aura déjà pris son envol." C'est alors que le
grand-père sortit de la maison. "Pierre ! cria-t-il en colère, je t'ai
pourtant demander de ne pas quitter le jardin.
Et si le loup venait à se montrer ? Allons reviens immédiatement
à la maison." Pierre trouvait qu'il était bien assez grand pour aller
s'amuser où il voulait, et il n'avait plus peur des loups depuis
longtemps. Mais son grand-père le prit vivement par la main et
l'entraîna vers la maison, après avoir soigneusement refermé la
clôture du jardin. Bien l'en avait pris, car un instant plus tard, un
grand loup noir sortit des bois. Effrayé, le chat bondit sur l'arbre.
Mais le pauvre canard s'élança bien imprudemment hors de la
mare en caquetant. Et le loup qui l'avait vu était bien décidé à
l'attraper. "Miam ! Miam ! se disait-il en courant après, je vais
me régaler." Et le canard épouvanté sentait le loup se rapprocher,
se rapprocher encore... Il était là, tout près, il allait l' avaler... Et
il n'en fit qu'une bouchée !
Après ce petit hors-d'oeuvre, le loup avait encore faim. Il fit
quelques pas et se mit à roder autour de l'arbre. D'un côté, il y
voyait le chat, toujours perché, qui tremblait de tous ses
membres ; et de l'autre,le plus loin possible du chat, était posé
le petit oiseau, immobile sur sa branche. A travers la clôture du
jardin, Pierre observait attentivement la scène. Il n'avait pas peur
du tout. Un grand mur entourait le jardin, et l'arbre se trouvait juste
de l'autre côté. l'une de ses branches passait par-dessus le mur.
Pierre eut alors une idée. S'accrochant à la branche, il monta dans
l'arbre et rejoignit le petit oiseau.
"Écoute-moi bien, lui dit-il. Tu dois suivre exactement mes
indications. Tu vas voler au-dessus de la tête du loup, en tournoyant
dans les airs comme tu sais si bien le faire. Et il ne faudra pas
t'éloigner de l'arbre. Mais attention ! Surtout, prends bien garde à ce
qu'il ne t'attrape ! C'est bien compris ?
- Mais oui", répondit l'oiseau. Pierre redescendit et sauta dans le
jardin. Il courut à la maison chercher une grosse corde et fabriqua
un lasso.
Pendant ce temps le petit oiseau voletait juste au-dessus des crocs
menaçants. Comme il énervait le loup ! Et comme le loup avait
envie de le manger ! Pierre, remonté dans l'arbre, fit tournoyer son
lasso au-dessus de sa tête, visa la gueule du loup et le lança le plus
adroitement qu'il put. Et comme par magie, le nud coulant se
glissa du premier coup autour du cou de l'animal. Vite, Pierre tira
sur la corde pour serrer le nud coulant et attacha l'autre extrémité
à une branche.
Le loup était pris au piège ! A ce moment, Pierre vit arriver trois
chasseurs qui sortaient de la forêt, sur la piste du loup. Cela faisait
des jours et des jours qu'ils suivaient la trace de la bête.
"Ne tirez pas ! leur cria-t-il. J'ai attrapé le loup !
Maintenant aidez-moi plutôt à l'emmener au zoo !" Et l'on vit ainsi
défiler, parcourant fièrement le chemin qui menait au jardin
zoologique de la grande ville voisine, le petit Pierre, suivi des trois
chasseurs ; derrière eux marchait le grand-père accompagné du
chat.
Au-dessus de leur tête, l'oiseau sifflotait joyeusement une mélodie
qui disait : "Vous avez vu, vous avez vu ? Pierre et moi, nous
'avons eu !" Quant au grand-père, il faisait la moue et bougonnait dans sa
barbe :
"Tout cela est bien beau, mais si Pierre n'avait pas réussi à attraper
le loup, qui sait ce qui serai arrivé ?"
Et, en tendant l'oreille, on pouvait entendre une petite voix étouffée
qui disait : "Sortez-moi de là ! Sortez-moi de là ! C'était, tout au
fond du ventre du loup, le canard qui cancanait en gesticulant.
Car le loup était si pressé qu'il l'avait avalé tout vivant !
Heureusement, une fois arrivée au zoo, on parvint à faire rendre
gorge au loup et à sauver d'une mort affreuse le malheureux
petit canard.
PINOCCHIO
Il était une fois un vulgaire morceau de bois qui provenait d'un tas
de bûches. Je ne sais pas comment cela arriva, mais le fait est
qu'un beau jour, ce bout de bois se retrouva entre les mains de
Gepetto, le menuisier. Le rêve de Gepetto était de fabriquer un
pantin qui saurait danser, manier l'épée et faire des sauts périlleux.
Un pantin de bois qu'il baptiserait Pinocchio. Ainsi donc, Gepetto
commença à tailler son bout de bois. Il lui sculpta des cheveux,
puis un front et une bouche.
Le visage juste achevé, imaginez la stupeur du vieil homme en
constatant que les yeux de son pantin remuaient. Le pantin était
vivant, bien vivant ! Aussi, tout heureux, le vieil homme
s'empressa -t-il de lui sculpter un cou, des épaules, puis tout le
reste du corps.
A peine Pinocchio fut-il achevé qu'il se jeta dans les bras de son
papa pour l'embrasser, et se mit à danser. Très pauvre, Gepetto
lui fabriqua alors un habit de papier à fleurs, une paire de
chaussures d'écorce et un bonnet de mie de pain. Pour devenir un
vrai petit garçon, Pinocchio devait aussi aller à l'école.
C'est pourquoi, dès le lendemain, un beau cahier neuf sous le bras,
notre pantin prit le chemin des écoliers. En route il rencontra un
vilain bonhomme, si laid qu'il faisait peur à regarder. Sa longue
barbe était plus noire qu'un gribouillage d'encre. Ses yeux
étincelaient comme des lanternes rouges.
Terrorisé, Pinocchio s'enfuit et courut aussi longtemps que les
jambes de bois le portèrent. Il arriva dans un champ où il trouva
cinq pièces d'or qu'il voulut ramener à son pauvre père. A l'orée
d'un bois Pinocchio rencontra un renard boiteux et un chat aveugle
qui, clopin-clopant, avançaient en bons compagnons de malheur.
"Bonjour Pinocchio, dit le Renard. Oh ! Les belles pièces d'or.
De ces cinq misérables écus, veux-tu en faire cent, mille, deux
mille ? Au pays des Nigauds, il y a un champ béni que tout le
monde appelle le Champ des miracles. Si tu y creuses un trou pour
y déposer un seul écu d'or. Le lendemain tu trouveras là un arbre
chargé d'autant de pièces d'or qu'un bel épi peut contenir de
grains." Oubliant toutes ses bonnes résolutions, Pinocchio
s'exclama : "Allons-y tout de suite !".
Et ils marchèrent, et ils marchèrent. Au crépuscule, prétextant
quelque visite, ses nouveaux amis le quittèrent. Et Pinocchio
poursuivit seul son chemin, dans la forêt épaisse et obscure.
Soudain deux silhouettes menaçantes jaillirent des taillis.
"La bourse ou la vie !", s'écria l'un des bandits armé d'un couteau.
Prompt comme l'éclair, Pinocchio lui happa la main qu'il coupa
net d'un coup de dents. C'était en fait une patte de chat, celle de
celui qu'il croyait son ami. Notre pantin s'enfuit à travers la forêt.
Mais, crac ! un piège se referma sur sa cheville. Pinocchio fut
pris d'un tel tremblement que l'on entendait cliqueter les jointures
de ses jambes de bois.
Comme par magie apparut alors une enfant belle comme un ange
aux cheveux bleus et au visage blanc de cire. Elle libéra le pantin
et lui dit d'une voix d'outre-monde : "Petit Pinocchio, rapporte ces
pièces d'or à ton papa.
- Je les ai perdues", mentit Pinocchio qui en réalité les avait dans
sa poche. A peine eut-il prononcé ce mensonge que son nez, déjà
long, s'allongea, devint si démesuré qu'il ne pouvait plus se tourner
de quelque côté que ce fut. La belle enfant, qui n'était autre qu'une
fée, se mit à rire. " Pourquoi riez-vous, demanda Pinocchio, soudain
honteux.
- Je ris des mensonges que tu oses proférer. On reconnaît toujours
les garnements de ton espèce à ce qu'ils mentent et ne vont pas
l'école."
Apitoyée, la bonne fée frappa néanmoins trois coups dans ses
mains, et ce nez énorme, disproportionné, retrouva sa dimension
naturelle.
"C'est bien fait pour moi ! J'ai voulu être paresseux, jouer au
vagabond, j'ai suivi les conseils de faux amis. La malchance me
poursuit. Si j'étais resté chez mon papa, je ne serais pas si
malheureux !" se lamentait notre pantin.
Et il jura à la fée d'être un bon petit garçon, de bien travailler
à l'école. Avant de disparaître, cette dernière frappa une dernière
fois dans ses mains et un pigeon apparut dans le ciel. "Pinocchio,
viens avec moi, dit celui-ci, je viens de voir Gepetto qui se
fabriquait une barque pour te chercher de l'autre côté de l'océan.
Cela fait si longtemps que le pauvre homme te recherche qu'il
est prêt à affronter les tempêtes pour te retrouver ! Il faut le sauver
avant qu'il ne soit trop tard." Pinocchio s'assit sur le dos du pigeon,
et ils s'envolèrent loin vers l'est. Gepetto était déjà au large,
Pinocchio eut juste le temps de voir une vague plus terrible que
les autres renverser la frêle embarcation. Cette dernière coula et
ne réapparut plus. "Je crains que ton père n'ait été avalé par le
terrible requin, se lamenta alors le pigeon. Ce monstre est plus
gros qu'une maison de cinq étages et sa bouche est si large et
si profonde qu'une diligence avec tous ses chevaux pourrait y
entrer." Effrayé par ces mots, Pinocchio perdit l'équilibre et
tomba dans les flots. Heureusement, le pantin de bois savait nager
et voulut rejoindre une île à l'horizon. Mais une horrible gueule de
monstre marin filait vers lui, et l'engloutit si brutalement qu'il tomba
inconscient dans le ventre du grand requin. Plusieurs jours
passèrent. Pinocchio se réveilla enfin et aperçut une lueur, loin au
fond de l'estomac du monstre. Là, au bout du tunnel, il rencontra,
devinez qui ? Son vieux papa, assis et fatigué. Oh ! Mon petit papa !
Je t'ai enfin retrouvé. Je serai un bon garçon dorénavant ! Mais
fuyons. Le requin dort encore". Tous deux escaladèrent la gorge du
monstre.
De son immense bouche, ils traversèrent toute la langue et
enjambèrent les trois rangées de dents. Pinocchio se jeta alors à
l'eau, prit son papa sur son dos, et se mit à nager. Abordant le
rivage de l'île que Pinocchio avait remarquée, ils s'endormirent
tous deux d'épuisement. Le pantin rêva d'une belle enfant aux
cheveux bleus et, s'éveillant, ouvrit des yeux grands comme ça !
Il n'était plus un pantin, mais était devenu un beau petit garçon.
A côté de lui gisait un vieux bout de bois...
ALADIN ET LA LAMPE MERVEILLEUSE
Il était une fois, dans le lointain Orient, une veuve qui avait un fils
du nom d'Aladin. Ils étaient très pauvres et, pendant que sa mère
s'éreintait au travail, le jeune garçon passait ses journées, comme
tous les enfants de son âge, à vagabonder dans mes environs. Un
après-midi, alors qu'il jouait sur la place du village avec ses amis,
un mystérieux étranger s'approcha de lui. L'homme était bien vêtu :
il portait un turban orné d'un saphir, et une petite barbe noire faisait
ressortir l'étrange éclat de ses yeux. "N'es-tu point Aladin, fils de
Mustapha le tailleur ?
Mon garçon, aimerais-tu gagner quelques roupies ?
- Oh! oui, monsieur ! Je ferais n'importe quoi pour rapporter un peu
d'argent à la maison !
- Alors, Aladin, écoute bien : Il te suffira de passer par une trappe
trop étroite pour moi et de me rapporter une vieille lampe."
Aladin suivit donc le marchand jusqu'en un endroit fort éloigné du
village. Ils soulevèrent une lourde plaque de marbre et le jeune
garçon, svelte et agile, se faufila par l'ouverture. Quelques marches
s'enfonçaient dans le sol. L'homme retira de son doigt un anneau et
le lui tendit :
"Mets cet anneau, il te préservera de tout mal."
Au bas des marches, il découvrit une immense caverne. Là se
trouvaient des coffres remplis de bijoux, des jarres en or, des
arbres croulant sous le poids d'étranges fruits faits de diamants,
de perles et de nacres : un vrai trésor ! Soudain tiré de sa stupeur
par un hurlement : la lampe, Aladin, apporte-moi la lampe !"
Le garçon regarda tout autour de lui et finit par apercevoir posée
sur un coffre une vieille lampe à l'huile.
Pourquoi l'étranger voulait-il cette lampe sans valeur alors que
l'endroit regorgeait de richesses ?
Ce devait être un magicien, assurément...Aladin, inquiet, prit la
lampe et remonta lentement vers la surface.
"Donne-moi la lampe, l'homme qui commençait à s'impatienter.
- Aidez-moi à sortir, répondit Aladin.
- Donne-moi d'abord la lampe ! hurla l'étranger."
Aladin redescendit les marches sans répondre. "Eh bien, reste ici,
si tu t'y palis tant !"
Et de rage, l'homme referma la trappe ! Seul dans le noir, Aladin se
tordait les mains de désespoir. L'anneau qu'il portait au doigt se mit
soudain à briller et une imposante créature apparut, les yeux
flamboyants dans un visage enturbanné, les mains sur la poitrine. Je
suis le génie de l'anneau. Parle et j'obéirai !
- Je veux rentrer chez moi", dit Aladin.
Dans l'instant, il se retrouva avec lampe et anneau auprès de sa
mère, à qui il conta son étrange aventure. Tout en l'écoutant, elle
commença à astiquer la lampe pour lui redonner un peu d'éclat.
Aussitôt en sortit, au milieu d'une épaisse fumée, un autre génie,
encore plus effrayant que celui de l'anneau.
"Je suis le génie de la lampe. Parle et j'obéirai !". De ce jour,
Aladin et sa mère ne manquèrent de rien. Quels que fussent leurs
désirs, le bon génie les exauçait sur-le-champs.
Les années passèrent. Aladin était maintenant un grand et beau
jeune homme. Un matin, au marché, il croisa Badroulboudour, la
fille du sultan, et en tomba éperdument amoureux. Impressionné
par sa richesse, le sultan ne fut pas long à lui accorder la main de
la princesse. Après un somptueux mariage, Aladin et Badroulbou-
dour s'en allèrent habiter un somptueux palais que le génie avait
fait surgir au milieu d'une oasis. Un jour que la jeune femme était
seule au palais, un étrange marchand s'arrêta sous ses fenêtres.
"Qui veut échanger les vieilles lampes contre des neuves ?", criait-
il. Badroulboudour ignorant le secret d'Aladin et l'existence du
génie, alla chercher la vieille lampe et l'échangea au marchand,
qui n'était autre que le méchant et fourbe magicien.
Aussitôt, celui-ci frotta la lampe et , sous le regard effrayé de la
jeune femme, fit apparaître le génie.
"Je suis le génie de la lampe. Parle et j'obéirai !
- Génie, je suis ton nouveau maître. Tu dois m'obéir en tout !"
Le magicien lui ordonna de les transporter, lui, le palais et la
princesse, dans un pays très lointain. La disparition de
Badroulboudour plongea Aladin dans un profond désespoir. Une
fois encore, il eut recours au génie de l'anneau. "Emmène-moi
là où se trouve ma bien-aimée, implora-t-il, je ne peux vivre sans
elle..."En un éclair, il se retrouva dans la cuisine de son palais.
Devant lui, Badroulboudour préparait le repas du magicien.
"Aladin, toi ici ?
- Vite, mon aimée, prends cette poudre et mets-la dans le thé du
magicien ! Aie confiance en moi !"
Ainsi entendit-on bientôt les ronflements du marchand, vaincu par
le somnifère. Aladin s'empara alors de la lampe et fit surgir une
nouvelle fois le génie. Il lui ordonna de les ramener au plus vite dans
leur pays. Le sultan pleura de joie en retrouvant sa fille et son
gendre.
Toute la ville célébra par de grandes réjouissances qui durèrent
plusieurs jours le retour d'Aladin et de son épouse. Quant au
méchant magicien, il fut banni du royaume et l'on n'entendit plus
jamais parler de lui.
LE LIVRE DE LA JUNGLE
Il était une fois, dans une forêt lointaine qu'on appelait la Jungle, un
groupe d'animaux très bons et généreux : Père Loup et Mère Louve
Baloo, l'ours brun, Bagheera, la panthère noire, Tabaqui, le chacal
et Akela, le grand loup solitaire. Là, vivaient également : Sahi, le
porc-épic; Rikitikitavi, la mangouste; Mang, la chauve-souris; Mor,
le paon; Hathi, chef des éléphants, les Bandar-log, le peuple singe
et, bien sûr, le méchant python, Kaa et shere Khan, le tigre toujours
affamé.
Un jour, alors qu'il chassait, Père Loup s'arrêta net, tendant
l'oreille :
"Quelque chose gravit la colline, dit-il à Mère Louve, tiens-toi prête".
Il y eu un froissement de branches dans le fourré et Père Loup se
mit en boule, prêt à sauter. Alors, si vous aviez été là, vous auriez
vu la chose la plus étonnante du monde :
un loup s'arrêtant à mi-bond !
Ayant pris son élan sans savoir ce qu'il visait, il tenta vainement de
se retenir. Il en résultat un saut d'à peine un mètre de haut et il
retomba presque au même point du sol qu'il avait quitté.
"Un homme, s'écria-t-il abasourdi. Un petit d'homme perdu au milieu
de la forêt... C'est un bébé. nous ne pouvons pas le laisser là, sinon
il va mourir tout seul dans la forêt. Emmenons-le avec nous et nous
l'élèverons tous ensemble au sein du Clan de la Jungle.
Nous l'appellerons Mowgli."
Et c'est ainsi que Mowgli, le petit homme, vécut pendant près de
dix années parmi les animaux de la forêt.
Jour après jour, Baloo, le grand ours brun vieux et insouciant, lui
enseignait à sa façon la Loi de la Jungle.
A travers l'épaisse végétation, Bagheera venait en flânant voir ce
que devenait son favori, et restait à ronronner, la tête contre un
arbre, pendant que Mowgli récitait à Baboo la leçon du jour.
L'enfant savait maintenant grimper presque aussi bien qu'il
nageait, et nageait presque aussi bien qu'il courait.
Aussi Baloo, Bagheera et les autres lui apprirent-ils les Lois des Bois
et des Eaux : distinguer une branche pourrie d'une branche saine,
parler poliment aux abeilles sauvages et avertir les serpents d'eau
avant de plonger dans les mares au milieu d'eux.
En outre, Mowgli apprit également le cri de chasse de l'Etranger,
qu'un habitant de la Jungle, toutes les fois qu'il chasse hors de son
terrain doit répéter à voix haute jusqu'à ce qu'il ait reçu une
réponse.
Il signifie : "Donnez-moi liberté de chasser ici, j'ai faim".
La réponse est : "Chasse donc pour ta faim, mais non pour ton
plaisir."
Ainsi, le petit Mowgli grandit avec les louveteaux et Père Loup lui
enseigna le sens des choses de la forêt, jusqu'à ce que chaque
frisson de l'herbe, chaque souffle d'air chaud dans la nuit le
hululement des hiboux, chaque saut du plus petit poisson prissent
la plus grande importance.
Lorsqu'il n'apprenait pas, il se couchait au soleil et dormait puis
il mangeait et se rendormait. Lorsqu'il se sentait sale ou qu'il avait
trop chaud, il se baignait dans les mares de la forêt et lorsqu'il
manquait de miel, il grimpait aux arbres pour en chercher.
Mowgli et ses amis vivent très heureux jusqu'au jour où arriva un
grand malheur : Aleka, le vieux chef, allait bientôt mourir. Dès lors,
Mowgli serait en danger, car plus personne n'assurerait la Loi de
la Jungle. Il faudrait se protéger, lui et ses amis les animaux, de
tous les intrus de la forêt, des loups ennemis et de Chera Khan, le
vieux tigre qui voulait le dévorer. Car le petit d'homme n'était pas à
sa place dans le Clan de la Jungle. Les autres animaux te haïssent
parce que leurs yeux ne peuvent soutenir l'éclat de ton regard, dit
Bagheera en croisant ses pattes sur les feuilles, parce que tu es
sage... parce que tu es un homme. Mon cher petit d'homme,
descends vite jusqu'aux huttes de la vallée, et prends-y un peu de
la Fleur Rouge que l'on fait pousser; ainsi, le moment venu, auras-tu
un allié plus fort que moi ou Baloo ou que ceux de la tribu qui te
chérissent".
Cette Fleur Rouge était "le feu" dont chaque animal éprouve, toute
sa vie, une crainte mortelle.
Ainsi fut fait et lorsque Mowgli revint, protégé par les braises
inscandescentes qu'il tenait au creux d'une pierre. Aleka le Solitaire
rassembla tous les animaux et dit : "Je suis vieux et vais mourir.
Mais le petit, que j'ai protégé jusqu'à présent, restera en vie
car il tient la Fleur Rouge dans ses mains : il est votre maître à
tous. Cependant Mowgli doit retourner parmi les siens car sa place
est là-bas, dans sa vallée..."
A ces mots, Mowgli commença à éprouver un sentiment douloureux
au fond de lui-même, quelque chose qu'il ne se rappelait pas avoir
senti jusqu'à ce jour : il sanglota et les larmes coulèrent sur son
visage. "Que se passe-t-il ? dit-il. Je ne sais pas ce qui m'arrive.
Vais-je mourir Bagheera ?
- Non, petit frère. Ce ne sont que des larmes, comme en ont les
hommes. Il faut maintenant que tu t'en ailles, Mowgli. Nous ne
t'oublierons jamais, jamais de toute notre vie que nous passerons
à parcourir les pistes de la forêt. Reviens au pied de la colline
quand tu seras un homme et nous parlerons à nouveau comme
nous l'avons si souvent fait.
- Je reviendrai sûrement dans la jungle" dit Mowgli.
Ne m'oubliez pas !
Dîtes-leur à tous de ne jamais m'oublier !". L'aurore commençait
à poindre quand Mowgli, le cur serré, descendit la colline seul,
en route vers ces êtres mystérieux que l'on appelle les
H o m m e s !
LA BELLE ET LA BÊTE
Il était une fois un marchand qui avait trois filles. Les deux aînées
étaient pleines d'orgueil, et ne se préoccupaient que de leurs robes
et de leurs bijoux. Elles ne cessaient d'insulter leur petite soeur qui,
en revanche, était la gentillesse même. Comme elle était aussi très
belle, on la surnommait la Belle. C'est elle qui préparait les repas et
s'occupait du ménage pendant que ses soeurs s'amusaient.
Un jour, le marchand reçut une lettre l'informant qu'une affaire
l'attendait en ville. Pleines d'espoirs, les soeurs aînées
demandèrent à leur père de leur rapporter de nouveaux habits.
"C'est promis, leur dit-il. Et toi, la Belle, ne veux-tu rien ?"
- Merci, père, répondit-elle, je n'ai besoin de rien. Cependant, si
vous trouviez une rose, je serais ravie d'en sentir le parfum."
Le père s'en alla. Ses affaires ayant été mauvaises, il décida de
rentrer. Sur le chemin du retour, dans la forêt, il vit soudain briller
une vive lumière.
S'approchant, il découvrit un magnifique palais. La porte étant
ouverte, il entra, appela, mais le château était vide. Il ressortit, et
dans les allées du jardin, aperçut des rosiers, et dans les allées du
jardin, aperçut des rosiers en abondance. Il se rappela ce que lui
avait demandé la Belle, et cueillit une rose.
C'est alors qu'un vacarme assourdissant se fit entendre. Une
créature monstrueuse apparut, qui s'écria : "Vous m'avez volé une
rose mon bien le plus précieux ! Pour cela, il vous faut périr.
A moins que vous n'ayez une fille qui veuille bien mourir à votre
place. Dans ce cas, allez la chercher, et vous aurez la vie sauve."
De retour, il fit part à ses filles de l'horrible marché. La Belle lui dit :
"Père, laissez-moi y aller. Si vous deviez disparaître, j'en mourrais
de chagrin." Le père se récria, mais la Belle ne voulut rien entendre.
Le lendemain, elle prit son cheval, qui l'emmena tout droit au palais
de la Bête. Une fois encore, le lieu semblait désert. Elle entra, visita
le château, et eut la surprise de voir une porte avec cette
inscription :
"Chambre de la Belle". A l'intérieur se trouvaient une bibliothèque et
des meubles magnifiques. A midi, elle trouva une table
somptueusement dressée, et se restaura pendant qu'une musique
merveilleuse lui parvenait aux oreilles. La journée passait et elle se
demandait quand la Bête allait enfin se montrer. Ce n'est que vers
neuf heures du soir qu'un grand bruit la fit trembler.
La Bête arrivait !
"Cela vous dérange-t-il que je vous regarde souper ? lui demanda-t-
elle.
- Maître, dit la Belle terrifiée, faites comme il vous plaira.
- Je suis votre serviteur, lui répondit la Bête qui ajouta : dites-moi
franchement, me trouvez-vous laid ?
- Vous êtes laid, mais vous êtes bon. Vous me recevez comme une
vraie princesse."
Elle n'avait déjà plus peur. Tout à coup, la Bête lui demanda :
" Voulez-vous m'épouser ?
- Non, répondit-elle aussitôt, surprise par la question. Et la Bête se
retira pleine de tristesse. Les jours passèrent.
Pour la Belle les mets les plus raffiné étaient préparés, et le matin
elle trouvait de superbes toilettes brodées d'or. Tous les soirs, la
Bête lui demandait gentiment : "Voulez-vous m'épouser ?" Et
chaque fois c'était la même réponse qui la remplissait de chagrin.
Un soir, la Bête lui demanda : Que puis-je faire encore pour votre
bonheur ?
- Je voudrais seulement revoir mon pauvre père, dit-elle.
- Alors promettez-moi de revenir dans huit jours.
Tenez : dès que vous poserez cette bague magique sur votre table
de nuit, vous serez transportée de nouveau ici.
- C'est promis" dit la Belle.
Puis la Bête fit claquer ses doigts, et la Belle se retrouva chez son
père. Il la serra très fort dans ses bras. Mais ses soeurs étaient très
mécontentes de la revoir. "Puisqu'elle doit repartir dans huit jours,
arrangeons-nous pour qu'elle reste plus longtemps, se dirent-elles.
Alors la Bête se vengera, et sûrement, elle la tuera." Le huitième
jour, elles firent semblant de pleurer son départ à chaudes larmes.
Alors la Belle eut pitié de ses surs : "Ne pleurez plus, dit-elle, je
vais rester encore un peu."
Quelques jours plus tard, la Belle rêva que la Bête était morte de
chagrin. Alors, inquiète, elle posa la bague sur sa table, et
instantanément elle fut transportée au palais. Elle chercha
longtemps la Bête, et finit par la trouver dehors, couchée près
d'un ruisseau, comme morte. Elle aspergea d'eau son visage, et
la Bête ouvrit les yeux. "Je croyais que vous m'aviez oublié, alors
je me laissais mourir de faim, dit la Bête.
- Non ! fit la Belle. Ne mourez point. Je veux vous épouser.
A ces mots, le château s'illumina et des feux d'artifice jaillirent de
toutes parts.
La Belle émerveillée, regarda le ciel et lorsqu'elle baissa les yeux,
qu'elle ne fut pas sa surprise de voir, à la place de la Bête, un beau
prince qui la regardait avec amour.
"Qu'est devenue la Bête ? lui demanda-t-elle.
- Elle est devant vous, lui répondit le gentil prince.
Une méchante fée m'avait jeté un sort, ma condamnant à garder
cette apparence jusqu'à ce qu'une belle jeune fille consente un jour
à m'épouser."
C'est ainsi que la Belle et la Bête se marièrent en de superbes
noces, et qu'ils vécurent longtemps, dans le plus grand bonheur.
ALICE AU PAYS DES MERVEILLES
Alice était assise sur un banc à côté de sa grande soeur qui lisait
un livre sans images. Alors qu'elle commençait à s'ennuyer elle
décida d'aller cueillir des fleurs, quand un lapin blanc aux yeux
rouges, passa près d'elle en courant.
Cela n'avait rien d'exceptionnel. Alice fut tout de même intriguée
lorsqu'elle entendit le lapin marmonner : "Zut ! Je vais être en
retard !" Puis tirant une montre de sa poche, il regarda l'heure et
détala. Cette fois, Alice n'en crut pas ses yeux. Piquée par la
curiosité, elle se mit à courir après. Mais il était loin devant, et elle
eut juste le temps de le voir disparaître dans un large terrier.
Alors, sans hésiter, elle s'y glissa à son tour. Elle suivit d'abord un
tunnel, puis celui-ci s'inclina et se transforma en un grand puits qui
n'en finissait pas. Alice tombait, tombait, et pendant sa chute, elle
voyait défiler des étagères pleines de pots de confitures et des
vitrines remplies de gâteaux et de bonbons.
Puis, tout à coup, boum ! elle atterrit sur son lit de feuilles mortes.
Il faisait très sombre. Elle fit quelques pas à tâtons, et atteignit
bientôt une grande salle éclairée. Au milieu, il y avait une petite
table à trois pieds, sans rien sur le dessus, sauf une toute petite
clé. Alice se demandait quelle porte cette clé pouvait-elle bien
ouvrir, tellement celle-ci était minuscule, lorqu'elle aperçut dans
le mur du fond : une petite porte.
La clé entrait parfaitement dans la serrure. Il y avait de nouveau un
tunnel, mais celui-ci était bien trop étroit pour qu'Alice puisse y
entrer. Elle se mit à quatre pattes, et aperçut dans le fond le plus
joli jardin miniature qu'elle avait jamais vu, avec des fontaines
sculptées et des fleurs aux couleurs semblables à celles d'un
arc-en-ciel.
"Si seulement je pouvais raccourcir comme une longue-vue et
visiter ce jardin extraordinaire !", pensa Alice.
Mais elle était décidément de trop grande taille pour pénétrer dans
ce minuscule tunnel. Triste et désenchantée elle revint vers la petite
table. A ce moment-là, "surprise" : une petite bouteille y était
maintenant posée, l'étiquette portait ces mots : "Bois-moi".
Alice n'allait pas obéir aussi facilement. Tout d'abord, elle observa
avec soin la bouteille, pour voir si nulle part l'inscription "Poison"
n'était mentionnée. Comme il n'y avait aucune indication de ce
genre, elle but. Ce fut à son goût, un délice. Cela ressemblait à un
mélange de jus de fraise, de jus d'abricot et de lait de coco. "Mais,
se dit-elle tout à coup, ne serai-je pas en train de rapetisser ?" Oui,
c'était bien cela. Alice raccourcissait comme une longue-vue, et
elle eût bientôt la taille idéale pour passer la petite porte.
Quelle chance !
Elle courut, de toute la force de ses petites jambes, et fut vite
arrivée dans le magnifique jardin. Jamais elle n'avait vu autant de
couleurs à la fois, ni senti autant de parfums délicats.
Soudain, elle entendit des pas. Ce furent ceux du lapin blanc,
superbement habillé, il tenait à la main un éventail et mes gants !"
"Ce lapin me prend pour sa bonne à tout faire, pensa Alice. Bah !
Après tout, je ferais peut-être mieux de lui obéir." Séchant ses
larmes, encore chaudes, elle se dirigea vers une jolie petite
maison blanche. Des rosiers en fleurissaient l'entrée. Les roses
étaient blanches, comme la maison, mais trois jardiniers farfelus
s'appliquaient à les peindre en rouge. Alice s'approcha, et
entendit l'un deux dire : "Fais attention, Cinq de Trèfle !
Tu m'envoies de la peinture dans la figure !, s'écria Deux de Trèfle.
- Ce n'est pas de ma faute, répondit Cinq de Trèfle. C'est Neuf de
Pique qui m'a poussé !
- Messieurs, dit Alice amusée, pourquoi peignez-vous ces roses ?"
A ce moment, Cinq de Trèfle s'exclama : "La reine !". Et les trois
jardiniers se jetèrent face contre terre. Arrivèrent des valets, puis
les enfants du roi et de la reine, puis les jokers, et enfin le Roi et
la Reine de Coeur. La reine dit sévèrement en regardant Alice :
"Qui est cette petite ?
- Je m'appelle Alice, pour vous servir, Majesté, répondit poliment
la petite fille.
- Et eux, qui sont-ils ? demanda la reine en désignant les trois
jardiniers.
- Comment voulez-vous que je le sache ? Ce ne sont pas mes
oignons", rétorqua Alice, surprise elle-même d'avoir osé donner
une telle réponse.
La reine la regarda, furieuse, et se mit à crier comme une bête
sauvage : "Qu'on lui coupe la tête !". Le roi lui chuchota à l'oreille :
"Songez, ma chère, que ce n'est qu'une enfant." Mais soudain,
Alice eut une impression étrange : il lui semblait que lentement,
elle était en train de grandir, et qu'elle allait bientôt reprendre sa
taille normale. Pour le moment, personne ne s'en apercevait.
"Coupez-lui la tête !, hurla la reine.
- Qui peut bien se soucier de vous ?, dit Alice. Vous n'êtes rien
qu'un jeu de cartes !" A ces mots toutes les cartes s'envolèrent,
et retombèrent sur la fillette : elle poussa un petit cri craintif, se
secoua vigoureusement pour s'en débarrasser...et elle se retrouva
allongée sur le banc, la tête sur les genoux de sa soeur. Deux ou
trois feuilles d'un arbre étaient tombées sur son visage.
"Réveille-toi, Alice ! Comme tu as dormi longtemps !
- Oh ! Si tu savais, répondit Alice, quel drôle de rêve j'ai fait !
Et elle raconta à sa soeur son étrange et merveilleux songe, dont
elle se souvient encore aujourd'hui.
Dimanche 5 Février 2012
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