TOM POUCE
Il était une fois un couple de paysans qui se
lamentait de ne pas
avoir d'enfants. L'épouse déclara un jour :
" Même si nous avions
un enfant pas plus gros que le pouce, nous
l'aimerions de tout
notre cur. "
Son souhait fut exaucé et, parce que cet
enfant n'était pas plus
grand qu'un pouce, ils l'appelèrent Tom
Pouce. En avançant en
âge, le petit garçon restait minuscule mais
faisait preuve d'un
esprit vif et éveillé.
Un jour, Tom Pouce était allé en forêt avec
son père pour abattre
quelques arbres. Il demanda à ce dernier la
permission de
conduire la charrette à cheval. Celui-ci
accepta et ils se
donnèrent rendez-vous un peu plus tard. Ravi,
il grimpa aussitôt
sur le cheval et alla se loger dans l'oreille
du cheval pour lui
indiquer le chemin.
Deux étrangers qui passaient par là,
regardèrent avec
étonnement cette voiture et ce cheval sans
conducteur. Les deux
voyageurs décidèrent de suivre l'attelage.
De retour dans le bois,
Tom Pouce cria à son père :
" Tiens, voici la voiture, viens me faire
descendre. "
Émerveillés, les deux curieux qui
observaient la scène, se dirent
que de montrer en ville un tel petit bout
d'homme pourrait leur
rapporter quelque argent.
Ils proposèrent au père de Tom Pouce
d'acheter son fils. Celui-ci
refusa de céder ce qu'il avait de plus cher
au monde, mais
l'enfant lui conseilla d'accepter. Il dit à
son père : " Ne t'inquiète
pas, je saurai bien revenir. "
Tom Pouce partit alors avec les deux hommes.
Le soir venu, à
l'auberge, il se laissa glisser à terre et
disparut dans un trou de
souris où les deux hommes, furieux, ne purent
le rattraper. C'était
la nuit et comme Tom Pouce se demandait où
dormir, il avisa une
coquille d'escargot vide. Alors qu'il s'y
glissait, il entendit les deux
voyageurs parler tout bas : ils se demandaient
comment faire pour
voler l'argent du curé.
Tom Pouce, du fond de sa coquille, leur cria
alors : " Emmenez-
moi avec vous, je vous aiderai. "
Les deux hommes acceptèrent. Après tout,
c'était le moyen de
savoir ce qu'il savait faire. Le petit
bonhomme se faufila dans la
maison du curé et cria : " Voulez-vous
tout ce qui est là ? " Les
deux voleurs effrayés lui dirent de parler
plus bas, mais Tom
Pouce recommença à crier de toutes ses
forces. La servante du
curé entendit la voix et se leva pour voir ce
qui se passait.
Entendant du bruit, les deux hommes
s'enfuirent à toutes jambes
pendant que l'enfant se glissait dans la
grange. La servante
pensa qu'elle avait dû rêver car elle ne
voyait âme qui vive, et elle
retourna se coucher après avoir soufflé sa
chandelle.
Fatigué, Tom Pouce s'endormit dans le foin et
ne se réveilla
même pas quand la servante vint pour nourrir
la vache au petit
matin.
La femme prit justement la brassée de foin
où le petit garçon
reposait. Celui-ci se réveilla horrifié dans
la gueule du ruminant.
Quelle frayeur ! Il prit garde de ne pas être
broyé par les dents de
l'animal et glissa jusqu'à son estomac. Il
faisait bien sombre là-
dedans et il cria : " Ne m'envoyez plus
de foin; " La servante, qui
trayait la vache, reconnut la voix entendue la
nuit précédente et
courut voir le curé pour lui dire que la
vache parlait. Le curé la
traita d'abord de folle puis, à son tour, il
entendit la voix de Tom
Pouce.
Jugeant que l'animal devait être ensorcelé,
le prêtre ordonna de
l'abattre et l'estomac dans lequel se trouvait
l'enfant fut jeté sur un
tas de fumier.
Un loup affamé qui passait par là, ne fit
qu'une bouchée de cet
estomac. Toujours courageux, Tom Pouce ne
jugea pas la
situation désespérée et cria au loup, du
plus profond de son
estomac : " Mon cher loup, je sais où tu
pourrais faire un bon
repas. " Intéressé, le loup écouta
l'enfant lui décrire comment
se rendre à la maison de son père où il
pourrait manger toutes
les provisions de la réserve.
La nuit suivante, le loup se faufila chez le
père de Tom Pouce
et fit un tel festin que son ventre trop lourd
traînait à terre. Repu, il
ne pouvait plus bouger et il était devenu si
gros qu'il ne passait
plus par la porte; L'enfant se mit alors à
s'agiter et à pousser des
cris.
" Veux-tu te taire, tu vas réveiller
tout le monde ", supplia le loup,
effrayé. Mais Tom Pouce répondit que si le
loup avait bien
festoyé, il avait, lui aussi, bien le droit
de s'amuser, et il se remit
à faire un vacarme épouvantable. Ses
parents, enfin réveillés par
tant de bruit, arrivèrent à la réserve et
regardèrent par la fente de
la porte. Apercevant le loup, les parents de
Tom Pouce coururent
chercher des armes : une hache pour le père,
une faux pour la
mère. Le père dit alors à sa femme : "
Je frappe le premier et s'il
n'est pas mort, tu l'achèves avec la faux.
" En entendant la voix de
son père, Tom Pouce cria : " Père, je
suis là, dans le ventre du
loup !"
- Quel bonheur ! s'écria l'homme, nous avons
enfin retrouvé notre
cher enfant ! "Et il frappa la tête du
loup qui tomba raide mort. Les
parents prirent alors des ciseaux et un
couteau et, avec beaucoup
de soin, ouvrirent le ventre de la bête. Fou
de joie, l'enfant se jeta
dans les bras de son père et de sa mère et
respira avec délice
l'air pur. " Mais où es-tu donc allé ?
questionnèrent-ils avec
curiosité.
- J'ai vécu beaucoup d'aventures.
Je me suis tout d'abord réfugié dans un trou
de souris, puis je me
suis retrouvé ensuite dans le ventre d'une
vache, pour enfin finir
dans la panse d'un loup. Ses parents le
couvrirent de baisers.
Puis, ils l'emmenèrent à la maison. Là, ils
le lavèrent dans un
grand baquet d'eau bien chaude, lui donnèrent
à manger et à
boire et lui firent de beaux habits tout
neufs.
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